Chapitre 37 : les militaires

Publié le par RoN

Ils entendirent les véhicules avant de les voir. Trois énormes 4X4 blindés de couleur kaki, qui se rangèrent à côté de leur bus en vrombissant. Des militaires, ou en tout cas des gens qui avaient accès à du matériel de l’armée. Les nouveaux arrivants disposaient d’une puissance de feu effrayante. Explosifs, mitrailleuses lourdes, de quoi réduire en chair à pâtée les zombies qui ne tardèrent pas à se montrer, attirés par le bruit des moteurs. Pour une fois, les étudiants se contentèrent de regarder, se chargeant seulement des goules qui vinrent s’accrocher à leurs fenêtres. La bataille fut réglée en deux ou trois minutes et les soldats sortirent pour se présenter aux jeunes gens. Au départ, ceux-ci se restèrent méfiants, craignant d’avoir affaire à une bande comme celle des Raiders de Vicious. Mais les militaires se montrèrent immédiatement amicaux, et vite admiratifs quand ils constatèrent que les étudiants avaient réussi à survivre avec un groupe d’enfants à leur charge.
Les soldats étaient dirigés par le colonel Hector Amagi, un officier d’une cinquantaine d’années, très aimable malgré son air dur et sa voix tonitruante. 
« Nous avons capté votre message radio il y a quelques heures, annonça-t-il aux étudiants. Mais notre propre émetteur est naze depuis quelques semaines, et nous n’avons pas pu vous contacter pour vous donner notre position. On a eu de la chance de vous trouver si facilement. J’ai cru comprendre que vous aviez des blessés. Doc Church, ramenez vous ! »
Un vieil homme s’extirpa d’un des véhicules. L’air exténué, silhouette élancée, chauve comme un nouveau né et la peau matte. Les étudiants avaient vu bien trop de goules pour ne pas lui trouver une ressemblance troublante avec les monstres. Ils apprendraient plus tard que cela n’avait rien d’une coïncidence.
Le médecin empestait l’alcool, mais connaissait son travail et s’enquit de l’état des blessés. Il était malheureusement trop tard pour John, enterré à quelques kilomètres de là. Il pu tout de même examiner la cicatrice d’Arvis. Le jeune homme se portait plutôt bien, mais Church repéra un début d’infection et lui donna immédiatement une batterie d’antibiotiques. Puis il passa quelques minutes à vérifier l’état de santé des enfants. Ceux-ci souffraient d’un choc psychologique dû aux récents événements, mais leur condition physique était satisfaisante. Une alimentation un peu déséquilibrée, rien de grave cependant.
Pendant ce temps, les étudiants et les soldats échangeaient leur histoire.
« Nous sommes basés à une soixantaine de kilomètres, au camp militaire d’Adams, expliqua le colonel. Nous avons perdu tout contact avec notre commandement il y a des semaines, mais on a tout de même réussi à tenir le coup. Oh, nous ne sommes plus très nombreux… Entre ceux qui sont morts au début de l’infection et ceux qui ont déserté pour tenter de retrouver leur famille, il ne reste qu’une dizaine d’hommes sur la centaine que nous étions au départ.
-    Et qu’est-ce que vous pouvez faire, à seulement dix ? interrogea Paula, qui avait un instant cru que tout ce chaos était en passe d’être maîtrisé.
-    Hélas, pas grand-chose, ma petite dame… soupira Amagi. On survit, voilà tout. On flingue du zombie, on en capture certains pour les expériences du Doc, on pille des magasins et on joue les jardiniers histoire d’avoir de quoi se nourrir. Au début, ça a été dur. J’ai eu du mal à empêcher les hommes de péter les plombs et de se lancer dans une guérilla qui n’aurait servi à rien, si ce n’est gaspiller du matériel et des vies. Mais on garde l’espoir de renouer contact avec notre commandement. Même si personnellement, j’ai du mal à y croire. Ces pétochards doivent être terrés dans des bunkers, ou bien en train d’errer à la recherche d’une proie à mordre. D’ailleurs… »
Le colonel épaula son fusil et dégomma une goule sortie d’un bosquet. Mieux valait ne pas trop traîner ici. Les militaires rejoignirent leurs véhicules et invitèrent les survivants à les suivre jusqu’à la base d’Adams. Fascinés par les soldats, la plupart des enfants souhaitèrent grimper à bord des 4X4 et les hommes les accueillirent avec gentillesse. Depuis le temps qu’ils survivaient seuls entre guerriers, un peu de compagnie ne pouvait que leur faire du bien.
Ils furent au camp en seulement une heure, les routes ayant été dégagées lors de l’aller. La base d’Adams n’avait rien de la place-forte que les étudiants imaginaient, mais c’était mieux que rien. De toute façon, les militaires leur apprirent qu’en temps normal, ils n’étaient pas trop emmerdés par les goules.
Isolé en pleine forêt, le camp était constitué d’un bâtiment principal qui servait de lieu d’habitation et d’une bâtisse plus petite, transformée en laboratoire pour le docteur Church. Celui-ci était à l’origine médecin chercheur mais était vite devenu généraliste quand l’épidémie avait commencé. Ce qui ne l’avait pas empêché d’étudier la nature de l’infection avec tous les moyens dont il disposait.
La base était protégée par deux grandes clôtures imbriquées l’une dans l’autre, garantissant une protection largement suffisante contre les quelques zombies qui s’aventuraient parfois jusque là. Tout autour des bâtiments avaient été aménagés des champs, même si avec l’hiver, pas grand-chose ne poussait. Des tours de guet s’élevaient à chaque coin de l’enceinte, mais il n’était pas nécessaire d’y poster des hommes en permanence. Ils disposaient également d’un générateur électrique, et d’une cuve d’essence bien remplie.
Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, les soldats se montrèrent tout à fait aimables, heureux d’accueillir de nouvelles têtes parmi eux. En particulier avec les femmes, même s’ils déchantèrent vite en apprenant que deux d’entre elles étaient macquées et une autre lesbienne. Toujours est-il que l’arrivée des étudiants et des enfants amena un peu de nouveauté dans leur vie trop monotone. Celle-ci consistait généralement à effectuer des raids dans les alentours pour trouver nourriture et infectés à ramener au Doc Church, à entretenir la base et s’occuper des cultures.
La vie s’organisa tranquillement avec les nouveaux arrivants. Les militaires étaient ravis de pouvoir aider les enfants à approfondir leur apprentissage des armes à feu, et furent sacrément impressionnés quand ils constatèrent que les bambins manipulaient les pistolets presque aussi bien qu’eux. Se remettant doucement de la mort de son frère, Gina ne tarda pas à reprendre les leçons qu’elle donnait aux gamins, confiant généralement la petite Alice à Paula pendant les cours. Les frères Bronson s’intégrèrent facilement aux militaires, participant aux corvées et apprenant tout ce qu’ils pouvaient sur les tactiques de guerre. Arvis récupérait peu à peu de sa blessure et redoubla d’entraînement au combat contre les goules. Avec un seul bras, il allait lui être très difficile de continuer à manier le sabre, et il entreprit de maîtriser le mieux possible les autres armes dont ils disposaient. Quant à Béate, elle était toujours partante pour accompagner les soldats lors de leurs expéditions, qui impliquaient à chaque fois d’affronter des dizaines de goules.
Jack et Marie, pour leur part, ne tardèrent pas à s’intéresser aux travaux du docteur Church, qui fut ravi de pouvoir partager ses investigations avec les jeunes scientifiques. Contrairement aux étudiants, le vieil homme ne s’était pas contenté de faire des hypothèses. Et les résultats de ses recherches, aussi captivants soient-ils, se révélèrent plutôt terrifiants.

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Tistou Lacasa 25/10/2009 20:59


ahhh ! Des débuts de réponses dans le prochain épisode peut être ...
Je ne sais pas si j'ai lu trop vite mais c'est quel bras qu'il s'est fait couper ? le gauche ou le droit ? Et surtout, il était gaucher ou droitier ? Est-ce qu'il va passer à la hache à la place du
sabre ?