Chapitre 34 : Gina et Jack

Publié le par RoN

Eperdue de bonheur malgré la fatigue et la souffrance, Gina remercia mille fois Jack de ne pas l’avoir laissée tomber.
« Ne te réjouis pas trop vite, jolie maman, temporisa le jeune homme. Tu n’es pas encore tirée d’affaire. »
Restait en effet à expulser le placenta et à passer les deux prochaines heures. Celles-ci étaient critiques : si l’hémorragie ne s’arrêtait pas, la jeune femme risquait de saigner à mort. Bien qu’ayant de la voix, la condition du nouveau né n’était pas non plus optimale. Son teint était un peu trop bleu à leur goût, signe que le bébé avait manqué d’oxygène pendant l’accouchement. A l’aide d’une poire à lavement, Marie nettoya de son mieux ses voies respiratoires avant de lui faire respirer un peu d’oxygène pur. Lors de leurs expéditions à la recherche d’un médecin, les hommes avaient en effet mis la main sur une bouteille. Et bientôt, l’enfant reprit des couleurs.
Tout semblait également satisfaisant pour la mère. Le placenta sortit rapidement et les saignements s’arrêtèrent en quelques minutes. Cet accouchement était une réussite. Gina pu enfin se reposer, après avoir longuement câliné sa petite fille qui fut baptisée Alice. Ce soir là, autant dire que ce fut la fête. Jack et Marie se payèrent un joint monumental pour se remettre de leurs émotions, tandis que les autres félicitait la mère et s’émerveillait devant le petit bébé.
Leur vie était déjà plutôt agréable dans le centre commercial, mais l’arrivée de la petite nouvelle mit du baume au cœur à tout le monde. Malgré les millions de morts et les zombies qui infestaient le pays, la naissance d’Alice leur redonnait de l’espoir. Tant que les humains seraient capables de se reproduire, leur race ne serait pas perdue.
Comme pour les encourager, la météo se fit bientôt plus clémente. Le froid était toujours aussi mordant, mais la neige avait fondu et les étudiants purent rapatrier leurs véhicules près du centre commercial. Il leur faudrait sans doute repartir un jour, aussi entreprirent-ils de retaper leur bus et d’y refaire des stocks de munitions et de nourriture. Mais pour le moment, autant profiter de leur abri.
Entre la cuisine pour le groupe, les leçons et les jeux des enfants, le temps passé à fumer et les entraînements, ils ne s’ennuyaient jamais. La pratique du sabre et des armes à feu prenait de plus en plus d’importance : faces aux évolué, ils n’avaient pas le droit à l’erreur Il devenait primordial de pouvoir les abattre de loin ou, si le corps à corps était nécessaire, le plus rapidement et efficacement possible. Ils pouvaient vivre tranquillement à l’intérieur du complexe, mais dehors, le danger était omniprésent.
Il y avait largement assez de place dans le centre commercial pour que chacun puisse avoir un peu d’intimité et un soir, Gina vint retrouver Jack dans sa « chambre ». Paula s’occupait d’Alice, histoire d’accorder un peu de repos à la mère. Mais celle-ci avait d’autres projets en tête.


La jeune femme était nue sous sa robe de chambre, et vint se glisser dans les draps avec le jeune homme.
« On peut savoir ce qui t’arrive ? interrogea-t-il en acceptant néanmoins de la prendre dans ses bras.
-    Disons que j‘aimerais te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi… répondit-elle en déposant un baiser sur ses lèvres. Et aussi nous mettre à égalité. Tu m’as vue dans le plus simple appareil, même si ça n’avait rien de sexy. Je ne peux pas en dire autant… »
Sa main descendant vers le bas ventre de Jack, elle se rendit vite compte que le jeune homme était sur la même longueur d’onde.
« J’adorerais faire l’amour avec toi, lui murmura-t-il. Mais ça ne fait pas très longtemps que tu as accouché. Tu es… euh… remise ?
-    Hum, pas encore. Mais il y a bien d’autres moyens de donner du plaisir à un homme, non ? »
Démontrant ses dires, sa langue descendit lentement jusqu’au sexe de Jack et elle se servit de sa bouche pour amener le jeune homme jusqu’à la jouissance ; ce qui ne prit pas bien longtemps. Cela faisait des semaines qu’il n’avait pas eu l’occasion de s’adonner à ce genre d’activité. Pas depuis qu’il avait été séparé d’Aya.
Aya. A son souvenir, Jack ne pu s’empêcher d’éprouver un puissant sentiment de culpabilité. Gina se rendit rapidement compte de son malaise et lui demanda de lui expliquer.
« Je suis désolée, s’excusa-t-elle une fois que son compagnon lui eut raconté la terrible histoire. Si tu ne veux pas de moi, je comprendrai… »
Mais Jack la serra contre lui. Aya était probablement morte, il devait s’y faire. Il fallait passer à autre chose. Et la meilleure solution pour oublier son chagrin était de s’abandonner à une autre femme.
Ils ne cherchèrent pas à dissimuler leur relation. Il n’étaient de toute façon pas les seuls amoureux du groupe : Arvis et Béate avaient également fini par dépasser le cap de l’amitié, bien qu’il arrive encore à la jeune fille de montrer une froideur assez troublante.
Même si les célibataires étaient un peu jaloux, tous se réjouirent de voir que Jack retrouvait peu à peu le bonheur. Tous sauf Paul, qui n’avait pas fini de leur poser des problèmes.
Un matin, John, les frères Bronson et Jack travaillaient à réparer leur bus quand la petite Anne accourut pour leur annoncer que leur hôte faisait encore des siennes.
Cette fois, Paul avait dépassé les bornes. Il tenait un couteau dans une main et agrippait Gina de l‘autre, la secouant en hurlant sans se soucier du bébé qui pleurait dans les bras de la jeune femme.
« Traînée ! Salope ! criait-il. Je t’aimais, moi ! Je vous ai accueilli ici toi et ton frangin ! Je vous ai protégés ! T’aurais au moins pu m’accorder un peu d’attention… Mais non, il a fallu que tu te jettes dans les bras de l’autre connard ! J’vais te taillader, toi et ton gosse ! »
« L’autre connard » en avait assez vu et entendu. Il n’aurait déjà pas laissé passer le fait que Paul menace la jeune femme avec une arme. Mais bordel, s’attaquer à un bébé sans défense !
Sans dire un mot, Jack se faufila dans son dos et lui envoya un coup de poing monumental dans la tempe. Suffisamment fort pour qu’il libère Gina, mais pas assez pour qu’il lâche son arme. Ivre de fureur, il se retourna vers son agresseur, prêt à se ruer sur lui. Mais il n’était pas fou, ou en tout cas pas totalement. Une demi-douzaine de pistolets étaient braqués sur lui, sans compter Béate, katana en main et n’attendant que l’occasion de s’en servir.
En rage, Paul préféra lancer son couteau sur Jack et tourna les talons. Le jeune homme était trop proche pour esquiver et la lame lui entailla sévèrement le bras gauche. Les étudiants auraient du abattre Paul immédiatement. Mais tirer dans le dos d’un humain était tout de même plus difficile que de dégommer un zombie, et ils le laissèrent filer.
La vie était quelque chose d’extrêmement précieux en cette époque de chaos, et malgré le danger que représentait l’homme, ils décidèrent de lui donner une dernière chance. Grossière erreur de leur part.

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