Chapitre 27 : fuite

Publié le par RoN

Ils n’étaient pas prêts. Pas prêts à partir, encore moins à aller sauver Aya. Et les Raiders n’étaient visiblement pas venus leur rendre une visite amicale. Des dizaines de motards se rassemblaient devant le bâtiment, tous armés. Ils avaient même pris un de leurs bus avec eux, sans doute pour y enfermer des prisonniers ou le butin qu’ils comptaient s’octroyer. Si les étudiants voulaient avoir une chance de s’en sortir, il fallait agir vite.
« Je vais descendre leur parler, décida Paula. On peut peut-être trouver un compromis.
-    Tu rigoles ! s’exclama Lloyd. Ces mecs là ne sont pas du genre à passer un marché. Et de toute façon, je ne vois pas quel avantage on a sur eux.
-    Je vais prendre un peu de votre drogue et leur proposer de leur filer en échange de notre tranquillité. Dans le pire des cas, ça gagnera un peu de temps. Profitez en pour récupérer le plus de trucs possible et filez en vitesse. On a de la chance, ils ne sont pas devant la sortie du garage.
-    Mais et toi ? Comment tu vas te tirer de là ?
-    Ca ira, gamin. Ne t’en fais pas pour moi. Attendez moi devant mon bureau de tabac, je vous y rejoindrai. »
Les étudiants n’étaient vraiment pas enjoués à l’idée de laisser leur aînée et amie faire diversion, mais ils n’avaient pas le choix. Et quant à sauver Aya, mieux valait ne plus y penser pour le moment. Jack l’avait bien compris et était dévoré par le désespoir et l’impuissance. Il suivit néanmoins ses amis pour les aider à charger les derniers kilos de super-weed, les vivres et le matériel dans les véhicules tandis que Paula sortait, un peu de power-weed sous le bras.
Dehors, Vicious positionnait patiemment ses hommes, donnant des instructions tout en fumant une cigarette. Le jeune homme était de mauvaise humeur : sa nuit avec Aya n’avait pas été satisfaisante. Malgré tout ce qu’il lui avait fait subir, la malheureuse n’avait pas prononcé un mot, pas poussé un cri, et était restée totalement passive, sans se débattre, ses yeux clos ne lâchant pas même une larme. Autant baiser un cadavre. Vicious avait été incapable d’atteindre la jouissance espérée dans ces conditions et, frustré, s’était contenté de la battre sauvagement pour passer sa colère.
Quand il vit Paula sortir du bâtiment, il se réjouit cependant.
« Eh bien, je ne m’étais pas trompé. Il y a bien de la femelle, là-dedans. Et de la drogue, dit-il en jetant un coup d’œil à ce que la femme transportait. On est pas venus pour rien. »
Faisant de son mieux pour ne pas paraître intimidée, Paula lui proposa le marché. Ils lui fourniraient régulièrement de la marijuana à condition que lui et les Raiders les laissent tranquilles. Pour toute réponse, Vicious éclata de rire.
« Pourquoi je me contenterais de ça alors que je peux m’approprier tout ce que vous possédez ? interrogea-t-il.
-    Parce que si vous essayez d’entrer, on met le feu partout, tenta Paula. On dispose d’une bonne réserve d’essence. Mettez un pied à l’intérieur, et on crame tout.
-    Je n’y crois pas le moins du monde. »
Mais il resta tout de même pensif. Cette femme mentait très probablement, mais il n’aimait pas les paris qu’il n’était pas sûr de gagner.  Fallait-il investir ce laboratoire, sans doute bourré de ressources, au risque de perdre tout ce qui s’y trouvait ?
Heureusement pour lui, il lui restait un atout dans sa manche. Il fit un geste en direction du bus, et un des Raiders approcha en tirant derrière lui une prisonnière. Paula faillit ne pas la reconnaître. Mais c’était bien Aya, les habits déchirés et le visage tuméfié. Vicious dégaina un de ses revolvers et le pressa dans le dos de la jeune fille pour la faire avancer vers l’entrée du laboratoire.
« Maintenant, j’ose croire que vous ne mettrez pas le feu, dit-il à Paula. Sauf si vous voulez que j’en finisse immédiatement avec votre amie. Et ce serait bien dommage, croyez-moi. J’ai à peine eu le temps d’en profiter… »
Paula baissa la tête. Vicious portait bien son surnom. Toujours un coup d’avance, toujours des manières viles, détestables. Mais ils ne pouvaient rien y faire. Les Raiders allaient s’approprier leur abri, qu’ils le veuillent ou non.
Par bonheur, un bruit de moteur de l’autre côté du bâtiment fit comprendre à Paula qu’elle avait au moins réussi à gagner suffisamment de temps pour ses petits protégés.
« Vicious ! cria l’un des Raiders. Ils se font la malle !
-    Alors c’était bien du bluff, soupira le leader.
-    On les poursuit ?
-    Non, laissez tomber. Ces petits gars sont intelligents, ça mérite qu’on les laisse filer. C’était bien tenté, dit-il à Paula. Mais regarde où tu en es maintenant. Tes amis t’ont laissée tomber, et tu vas rejoindre notre bande de putes. Oh, tu es un peu vieille pour me plaire. Mais je suis sûr que mes hommes sauront s’occuper de toi…
-    Je leur arracherai la bite ! cracha Paula.
-    Vous entendez ça, les mecs ? Evitez la pipe avec cette salope. Ou alors enlevez-lui les dents d’abord. Allez, enfermez-moi cette conasse. Pendant ce temps, la petite Aya va nous faire visiter ! »
Précédé de la meute de loups qui défoncèrent la porte d’entrée sans difficulté, Vicious et Aya pénétrèrent dans le laboratoire tandis qu’un des Raiders restés dehors emmenait Paula vers le bus. Une fois à l’intérieur, la brute poussa sa prisonnière sur une des banquettes avant de tirer les rideaux.
« Ma poule, on va commencer sans attendre, annonça-t-il en sortant un cran d’arrêt. Laisse-toi faire où je te plante. »
Paula resta silencieuse, faisant mine d’être terrorisée. Mais en vérité, cela faisait bien longtemps que la violence des hommes envers les femmes ne l’impressionnait plus. Son propre mari était un vrai salopard et la battait régulièrement. Elle s’était déjà pris des coups à lui décrocher la mâchoire, et ce n’était pas une petite lame qui allait lui faire peur.
Quand le Raider baissa les yeux pour déboutonner son pantalon, elle agit plus vite que l’éclair. Un coup de pied dans les parties suffisamment puissant pour châtrer un taureau mit la brute à terre, et Paula se saisit d’une batte qui traînait là pour l’envoyer ad patrès d’un bon coup dans la nuque. Avec ce genre de connards, mieux valait ne pas prendre de gants.
Elle attendit une minute près de la porte, prête à assommer le premier mercenaire qui entrerait, attiré par le bruit. Mais ceux-ci n’avaient probablement rien entendu, ou ne s’en souciaient guère.
Elle fit les poches de celui qu’elle avait tué pour trouver les clés du bus. Celui-ci regorgeait de pistolets et de fusils, que les Raiders avaient sans doute emporté au cas où ils auraient eu à livrer bataille. Elle resta pensive quelques instants, songeant à secourir Aya. Mais celle-ci avait été emmenée dans le laboratoire, et même avec tout cet arsenal, Paula ne voyait vraiment pas comment elle aurait pu la sauver toute seule. Cela était dur à admettre, mais la seule chose qu’elle pouvait faire, c’était se tirer de là.
Se faisant aussi discrète que possible, elle s’installa au volant du bus et mit le contact. Heureusement, très peu de Raiders étaient restés à l’extérieur, et ne tournèrent la tête vers elle que quand le véhicule se mit en mouvement. Pied au plancher, Paula défonça les motos qui lui barraient la route et traça en direction de la zone commerciale. A la moitié du chemin, quatre Raiders l’avaient rattrapée, les motos étant évidemment bien plus rapides. Les mercenaires ouvrirent le feu sans poser de question, mais n’étaient heureusement pas bien futés. Il aurait suffit de tirer dans les pneus pour l’arrêter, mais ils préférèrent essayer de doubler le bus pour avoir Paula directement. Celle-ci ne comptait pas se laisser faire. Elle donna un coup de volant alors que deux motos étaient sur son flanc, renversant violement les pilotes. Elle n’eut pas le temps de voir si ceux-ci se relevaient, mais espérait en tout cas les avoir bien amochés.
Les deux Raiders restant étaient toujours derrière elle quand le bureau de tabac fut en vue, mais par bonheur, ils n’allèrent pas plus loin. Car Jack et les frères Bronson les accueillirent avec du plomb. Embusqué sur le côté de la route, ils ne firent pas de cadeau aux mercenaires. Tirant comme des forcenés, ils tuèrent sans remord le premier, tandis que le deuxième tombait de sa moto, une balle dans la jambe et une autre dans le bras. Sonné, il tenta de se relever et de chercher son arme qui lui avait échappée. Pour se retrouver nez à nez avec le visage inexpressif de Béate.
« T’aimerais me baiser, einh ? » demanda celle-ci avant de lui exploser la tête d’un coup de batte.

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Tistou Lacasa 14/10/2009 18:04


WAOUH ! Un épisode qui déménage ! Encore !!!!


RoN 14/10/2009 18:07


Merci mec, ça fait plaisir