Chapitre 88 : pulsion

Publié le par RoN

Faye et Kenji revinrent bientôt chargés de vivres. Ils avaient déniché une supérette dans laquelle il restait pas mal de boites de conserve et s’étaient servis sans vergogne. Ils n’avaient rencontré ni goule ni survivant : ce village semblait totalement désert. Enfin, pas si désert que ça, réalisèrent-ils en en voyant la similigoule attachée près du bus. Leurs camarades leur expliquèrent ce qui s’était passé durant leur absence, et tous s’entretinrent pour décider ce qu’ils devaient faire de leur prisonnière.
Bien qu’ayant été blessées par la femme, Aya et Gina étaient d’avis de la garder avec eux. Après tout, cette malheureuse restait humaine. Elle avait visiblement subi un traumatisme, et n’était pas responsable de ses actes. Peut-être pourraient-ils réussir à la faire retrouver ses esprits.
« Vous plaisantez ! protesta Vicious. Vous voyez un psychiatre, dans le coin ? Cette fille est complètement cinglée, irrécupérable ! »
En effet, ils lui avaient longuement parlé, lui avaient proposé de la nourriture, de l’eau et même de la super-weed, mais la similigoule n’avait pas eu plus de réaction que les monstres qu’elle copiait. Elle grognait, claquait des mâchoires dans leur direction, se débattait, ne montrant aucun signe de compréhension ou de simple conscience. Ils avaient fini par baisser les bras, et Vicious avait décrété qu’elle ne valait pas mieux que les zombies. Par conséquent, la meilleure solution selon lui était de lui attribuer le même traitement qu’aux goules : une balle dans la caboche. Mais les femmes s’y étaient fermement opposées. Même Faye, qui semblait fort impressionnée par cette étrange créature, ne souhaitait pas qu’un être humain soit mis à mort inutilement.
« On n’a qu’à se contenter de la laisser là, proposa-t-elle. On se tire d’ici, et on n’aura plus à se soucier d’elle.
-    Mais on peut peut-être la sauver ! objecta Aya. Si elle passe un peu de temps avec des humains, elle reprendra sans doute conscience.
-    C’est à cause de la solitude qu’elle est devenue folle, ajouta Gina. Oui, il faut la garder avec nous jusqu’à ce qu’elle aille mieux.
-    Mais vous êtes folles, les filles ? s’exclama Vicious. Ce truc EST une goule. Une goule non contagieuse, mais tout de même dangereuse. Elle n’a même pas l’air de sentir la douleur ! Elle finira bien par se libérer et essaiera de nous bouffer ! T’es pas de mon avis, le tueur ?
-    Hum, je ne sais pas trop… C’est clair que l’idée de voyager avec une fille qui se prend pour un monstre ne me plait pas beaucoup… Je suis plutôt d’accord avec toi, vicieux. C’est trop risqué de la garder avec nous. Et si on la laisse, elle finira par devenir réellement un zombie – c’est sans doute ce qu’elle veut, d’ailleurs. Alors autant l’éliminer tant qu’on l’a sous la main. Ca fera toujours une goule de moins. »
Faye lui reprocha sa dureté et sa froideur, tandis que ses amies lançaient un regard noir à Vicious. Pour lui, c’était facile. Il avait joui de la souffrance humaine pendant trop longtemps, et était parfaitement insensible au sort d’une innocente. Contrairement à lui, Aya et Gina savaient encore faire preuve de compassion envers les étrangers.
Tant d’humains étaient déjà morts. Ils devaient faire tout ce qui était en leur pouvoir pour sauver les quelques survivants. Mais une similigoule pouvait-elle être sauvée ? Ca, les femmes de Lamide ne l’avaient pas dit. Cela valait-il le coup de prendre le risque de garder cette cinglée avec eux ? La petite Alice pourrait mourir d’une de ses morsures, même non contagieuses. Ils n’étaient en sécurité qu’à l’intérieur de leur bus renforcé. Fallait-il y faire pénétrer un danger presque aussi grand que celui qui régnait au dehors ?
Gina et Aya pensaient que oui. La compassion, la douceur, l’amitié étaient selon elles des valeurs qui pourraient aider la malheureuse à reprendre pied. Faye finit par se ranger à leur avis. Les femmes étant majoritaires, il fut donc décidé de garder la similigoule avec eux. Attachée, bâillonnée s’il le fallait, mais ils l’emporteraient vers la Chaîne Platte. Les garçons eurent beau continuer à argumenter, le débat était clos.
Maugréant, Vicious passa de longues minutes à sonder le regard vide de la similigoule, ligotée à l’extérieur, tandis que les blessées se reposaient dans le bus. Faye resta dormir avec elles, et Kenji choisit de refaire un raid vers la supérette histoire de récupérer un maximum de nourriture.
Vicious, pour sa part,  n’avait aucune envie de dormir. Plus il observait leur prisonnière, plus l’idée de la garder avec eux lui déplaisait. Merde, cette nana était perdue, ça crevait les yeux ! Son regard était celui d’un animal, ses attitudes exactement les mêmes que celles d’une goule.
A force de se tortiller en tirant sur ses cordes, elle finit par réussir à dégager un de ses bras. Son autre poignet était toujours lié à ses chevilles, et elle ne pouvait pas se libérer du poteau auquel elle était entravée, mais c’était bien la preuve que sa persévérance et sa volonté étaient équivalentes à celles d’une goule. Elle était par conséquent aussi dangereuse.
Vicious s’approcha d’elle et la gifla de toute sa force, avant de dégainer un de ses revolvers et de le braquer sur sa tête.
« Calme toi ! lui ordonna-t-il. Arrête de remuer ou je te jure que je t’explose le crâne ! »
Ses paroles n’eurent aucun effet. Pas de peur, pas de douleur dans les yeux de la similigoule. Elle continuait à tirer sur ses liens en mettant à rude épreuve ses articulations, à tendre vers Vicious un bras décharné et à grogner en bavant.
Non, il n’y avait vraiment rien à faire pour elle. Ils ne pouvaient pas l’emmener, prendre le risque qu’elle se libère pendant leur sommeil, pendant qu’ils conduisaient ou affrontaient des zombies. Constamment baignées dans le danger, Gina et Aya ne s’en rendaient peut être pas compte. Ou bien la pitié les aveuglait. Pour leur bien, pour les protéger, Vicious choisit d’agir contre leur volonté. Il fallait buter ce monstre.
Il arma le chien de son revolver, mais alors qu’il allait appuyer sur la détente, quelque chose lui vint à l’esprit. Une idée malsaine, une idée affreuse, mais ô combien séduisante. Ses yeux balayèrent le corps de la similigoule. Elle était maigre, crasseuse, chauve, mais cela ne suffisait pas pour la rendre vraiment repoussante. Les pupilles de Vicious se dilatèrent et un sourire glacé s’étira sur son visage alors qu’une excitation familière et délicieuse montait en lui. Son monstre intérieur était enchaîné depuis trop longtemps, et l’hypothèse de lui accorder une petite ballade était très tentante. Pourquoi attendre que Gina s’intéresse à lui, alors qu’il avait là l’occasion rêvée de satisfaire ses pulsions ?
Après s’être assuré que ses camarades ne l’observaient pas, il bâillonna la similigoule à l’aide d’un bout de tissu crasseux, étouffant ses grognements, avant de la détacher de son poteau. La tenant fermement par la nuque et ses poignets liés, il la força à avancer, à s’éloigner du bus. La femme se débattait, essayait de le mordre malgré son bâillon, mais sa force était loin de celle des évolués. Et Vicious se sentait la puissance d’un prédateur.
Il la fit pénétrer dans une maison abandonnée et la propulsa sur un lit miteux. La similigoule se releva aussitôt et fonça sur lui, mais il l’accueillit d’une bonne droite qui suffit à la sonner. Le jeune homme en profita pour l’attacher solidement aux montants du lit, les bras en croix, avant de retirer la pièce de tissu qui lui obstruait la bouche et de la gifler sévèrement.
« C’est ta dernière chance, abomination, annonça-t-il. Dis moi quelque chose, ou je t’assure que tu vas prendre cher.
-    Mmmmmrrrroooh ! Grouuuuaaah ! furent les seuls mots qui sortirent de sa bouche.
-    Comme tu veux. Je me suis toujours demandé ce que ça ferait de baiser une goule. Malheureusement, la plupart n’ont même plus de niche à fourrer. Mais grâce à toi, je vais bientôt en avoir un bon aperçu… »
Il remit le bâillon en place, avant de coller une ou deux baigne à sa captive et de retirer son pantalon. Le sang pulsait dans son sexe déjà dur, et il se pencha sur le corps de cette abomination ni humaine, ni goule, plongeant son regard dans ses yeux inexpressifs. Il empoigna les deux seins maigres et les serra avec rudesse, avant de cracher au visage de la similigoule. Puis il la pénétra violemment, son pénis d’acier s’enfonçant dans les chairs chaudes et sèches de la malheureuse. Elle poussa un cri étouffé, pas plus distinct que les précédents, et Vicious déchaîna les enfers. Ses vas-et-viens brutaux étaient accompagnés de coups, de griffures, d’insultes. La similigoule ne pouvait rien faire pour se défendre à part agiter les jambes et grogner. Toujours pas le moindre signe d’humanité dans ses yeux. Cela frustrait légèrement Vicious, mais la jouissance qu’il éprouvait à baiser un être très proche des prédateurs redoutables qui infestaient ce pays dépassait de loin cette petite déception. C’était à la fois un rêve et un cauchemar, un mélange de puissance, de plaisir et de dégoût.
Cela faisait des semaines que Vicious n’avait rien fait de tel, une éternité pour un libertin dans son genre, et il profita au maximum de cette opportunité. La transpiration coulait sur son torse, le sang perlait sur la peau de sa victime. Ses assauts se faisaient plus violents, plus rapides, il criait son plaisir, sentant la jouissance monter en lui. Il referma alors ses mains sur la gorge de la similigoule et accéléra encore, martelant le sexe de la pauvre femme, son pénis transformé en arme perforant ses chairs.
Les grognements de la similigoule se firent plus aigus, son visage devint bleu, dans son regard  apparut quelque chose qui ressemblait à de la panique. Enfin, enfin elle prenait conscience de ce qui lui arrivait. Cela ne fit que renforcer le plaisir de Vicious, qui serra, serra ses mains autour de la gorge de sa victime. Des larmes apparurent au coin des yeux révulsés de la femme et elle se cambra de toute sa force, sa peau sale et abîmée se tendant sur ses côtes. Rugissant comme un fauve, Vicious explosa en elle, les spasmes de son sexe se mêlant aux sursauts d’agonie de la similigoule. 
Le corps de la femme se détendit alors que les dernières gouttes de sperme étaient éjectées de la verge du libertin, et il relâcha sa prise, essoufflé et ruisselant de sueur.
« Bordel, quel PIED ! cria-t-il en se retirant. Ca t’a plu, jolie monstruosité ? »
Mais la similigoule restait parfaitement immobile, sa maigre poitrine ne se soulevant plus au rythme de ses inspirations. Vicious haussa les épaules. Tant mieux, il n’aimait pas achever une femme une fois l’excitation passée.
Il s’étira, nettoya son sexe et remit son pantalon, se sentant léger comme l’air. Ah, Aya avait beau lui vanter les plaisirs de l’amour, rien ne valait une bonne séance de pur libertinage. Laisser libre cours à sa bestialité, à sa violence, s’abandonner totalement à ses désirs, rien ne pouvait procurer une pareille jouissance. Gina pouvait bien se refuser à lui. S’il la baisait, il devrait mettre un frein à ses pulsions, essayer de se comporter comme quelqu’un de « normal ». Il savait déjà qu’il n’en sortirait pas satisfait. Il n’y avait que dans ce genre de moment où il se sentait vrai, entier, en phase avec l’univers.
Sifflotant, il jeta un drap sur le corps de sa victime avant de se retourner vers la porte. Il sursauta en apercevant une silhouette qui l’observait du couloir. Mais en se rapprochant, il constata que ce n’était qu’un miroir, avec son propre reflet qui le sondait du regard. Vicious resta quelques secondes à s’observer. Un petit pincement de honte se fit sentir dans sa poitrine, tandis que la voix d’Aya résonnait dans sa tête. Il croyait avoir changé, s’être débarrassé de ce monstre en lui. Mais face à la tentation, il n’avait pas su résister.
Il préféra étouffer ces remords le plus vite possible. Ce qui était fait était fait, impossible de revenir en arrière. Des regrets ne lui serviraient à rien. Son monstre intérieur pouvait être apprivoisé, domestiqué, mais il serait toujours là. Tout ce qu’il pouvait faire était l’accepter.
Il se força à soutenir son propre regard. Finalement, il n’avait pas beaucoup changé.

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Tistou Lacasa 22/12/2009 17:36


Voilà ce que j'attendais de Vicious depuis que ce libertin est entré dans cette histoire.


RoN 22/12/2009 18:12


Ha mon cochon, je savais que ça te plairait ^^