Chapitre 86 : du sexe !

Publié le par RoN

« Hey le tueur ! Tes chats sont en train de dévaster le bus !
-    De toute façon ça a toujours été le bordel, là dedans… répondit Kenji. Et ce ne sont pas MES chats.
-    C’est pourtant toi qui les as ramenés… » objecta Vicious.
A vrai dire, Kenji n’avait pas fait grand-chose pour ça. Les matoux l’avaient suivi quand il était revenu de sa petite excursion, et s’étaient embarqués dans le bus sans demander l’avis des humains. Si le tueur de goules et les femmes s’étaient réjouis de la compagnie des félins, ce n’était pas le cas de Vicious, qui détestait les chats encore plus que les bébés. Et ceux-ci le lui rendaient bien. Voilà deux jours qu’ils étaient repartis de la ferme, et les nouveaux arrivants ne perdaient pas une occasion d’emmerder l’ancien leader des Raiders, réduisant ses affaires en charpie, lui crachant dessus et lui donnant des coups de griffe.
« Bordel ! Ils ont pissé sur ma couverture ! s’écria-t-il en reniflant sa couette humide. J’vais vous faire la peau, saletés de monstres kawaï ! »
Le groupe s’était arrêté dans un petit village de campagne pour y passer la journée et essayer de trouver quelques vivres. Faye et Kenji partirent en reconnaissance, tandis que les trois autres restaient au bus à se reposer. Rageur, Vicious essaya de choper ceux qui avaient souillé sa couverture, mais le chaton se glissa sous un tas de matériel, hors d’atteinte, tandis que sa mère se carapatait à l’extérieur.
« J’espère que tu reviendra pas ! glapit Vicious. Va te faire bouffer par les goules ! Merde, je suis sûr qu’un chat zombie est moins casse-couille qu’un chat normal… »
Gina pouffa, mais devant l’air dépité de son camarade, eut pitié et lui fit signe de se rapprocher.
« Ma couette est très grande, dit-elle. T’as qu’à dormir avec moi… »
Vicious ne se le fit pas dire deux fois. Aya était à l’extérieur, montant la garde sur le toit du bus, et il était trop content de se retrouver seul à seul avec Gina, sur laquelle il fantasmait depuis des jours. Une légère excitation au ventre, le jeune homme s’allongea à ses côtés. Mais visiblement, l’institutrice n’avait pas les mêmes idées que lui en tête. Lui tournant le dos, elle tenait Alice au creux de son bras et lui caressait les cheveux sans se préoccuper de Vicious.
Enivré par le parfum et la chaleur de la jeune femme, celui-ci tenta tout de même le coup. Se rapprochant jusqu’à être quasiment collé à elle, il posa une main sur sa taille avant de remonter doucement vers ses seins. Mais Gina n’était décidemment pas sur la même longueur d’onde. Elle repoussa sa main avant de lui ordonner de s’écarter.
« Non mais qu’est-ce que tu crois ? le réprimenda-t-elle sans lever la voix pour ne pas réveiller le bébé. Je te propose de partager ma couette pour éviter que tu le les gèles, et toi tu ne penses qu’à me sauter dessus ?
-    Désolé, je croyais… Aller, ça ne te fais pas envie ?
-    Non merci. Tu es sympa, Victor, mais je ne te fais pas confiance. Je sais ce que tu faisais aux femmes, avant. Tu crois vraiment que je serais prête à coucher avec un enfoiré de violeur sadique ? Avec ma fille juste à côté ? Tu connais vraiment rien aux femmes.
-    Oh, ça va… Je fais des efforts, justement. Dans le temps, je t’aurais pas demandé ton avis. Merde, j’ai envie de baiser ! Je te ferai pas de mal, promis. »
Mais Gina secoua la tête d’un air dégoûté.
« N’y pense même pas. Moi ce qui me plait, ce sont les mecs forts et généreux, soucieux des autres. Les héros, quoi. Les gars comme Jack. Tu as peut-être changé, mais tu es bien loin d’un prince charmant. Si au moins tu t’intéressais réellement à moi… Mais tu ne me vois que comme un objet sexuel, ça crève les yeux. Il y a peut être des nanas à qui ça plait, mais je ne suis pas de ce genre là. Alors laisse tomber et dors. Ou bien va te branler un coup, moi ça m’est égal. En tout cas, ne me touche pas. »
Frustré et rageur, Vicious préféra s’extraire de la couverture et sortir du bus en grommelant. Empoignant sa batte de base-ball, il entreprit de se défouler sur une voiture abandonnée, la défonçant consciencieusement jusqu’à ce que sa colère s’estompe. Le souffle court, il s’alluma une pipe et regarda autour de lui, histoire d’être sûr que ce raffut n’avait pas attiré de zombie. Mais ce coin semblait bien désert.
Perchée sur le toit du bus, Aya le regardait avec un petit sourire. Vicious alla la rejoindre pour partager sa drogue.
« Tu veux que je te laisse cinq minutes pour que tu finisse de te « vider » ? interrogea-t-elle en mimant la masturbation.
-    Très drôle. Tu as tout entendu, c’est ça ?
-    Affirmatif, mon vieux. Dis donc, pour quelqu’un qui a baisé des dizaines de femmes, on peut pas dire que tu saches t’y prendre…
-    Oh ça va. Merde, je suis bloqué avec trois nanas, et la seule qui m’intéresse ne veux pas entendre parler de sexe…Si on était plus nombreux, je trouverais bien une fille qui en a autant envie que moi…
-    Tu vois, il est là, ton problème. Tu considères toujours le sexe comme quelque chose de purement mécanique, un truc que l’on fait simplement pour avoir du plaisir. Pour toi, c’est de la drogue, ni plus ni moins.
-    Et alors ? C’est exactement ça. Planter son dard dans une chatte, c’est un acte physique. Y a pas de spiritualité là dedans.
-    C’est vrai dans certaines circonstances. Mais la plupart des nanas préfèrent quand-même qu’il y ait un certain engagement sentimental. Elles n’en ont que plus de plaisir. Et je suis sûre que c’est pareil pour les mecs.
-    Chacun de nous peut crever d’un jour à l’autre ! Développer des sentiments, c’est prendre le risque de souffrir pour rien !
-    Parfaitement. Mais l’amour, c’est toujours risqué. »
Vicious grimaça. L’amour, l’amour, il commençait à en avoir ras-le-bol. Merde, tout ce qu’il voulait, c’était tirer un coup ! Prendre un peu son pied ! Ca faisait des semaines qu’il n’avait pas baisé, une éternité pour un libertin dans son genre.
« Admettons, dit-il en soupirant. Qu’est-ce que je pourrais faire à ton avis pour que Gina tombe amoureuse de moi ?
-    T’en as de bonnes, toi ! J’en sais rien du tout, chaque femme est différente. Franchement, je doute que Gina s’intéresse à toi. Jack a du lui faire un portrait assez monstrueux de Vicious, chef des Raiders…
-    Super… En tout cas, j’ai bien l’impression qu’elle l’a toujours dans la peau, ton mec. Ca doit bien t’emmerder, n’est-ce pas ?
-    Pfff, je préfère ne pas y penser… On verra bien quand on le retrouvera. C’est vrai qu’au fond, ça m’arrangerait bien que tu la séduises…
-    Alors donne-moi un coup de main !
-    Hey, je ne peux pas faire grand-chose. On n’est plus des ados, merde ! J’ai l’impression de devoir tout t’apprendre… »
C’était un peu le cas. Vicious n’avait jamais développé une vraie relation avec qui que ce soit, n’en éprouvant aucunement le besoin. Mais maintenant qu’il ne pouvait plus s’adonner à ses plaisirs solitaires et malsains, obligé de cohabiter, coopérer et survivre avec ses compagnons d’infortune, il n’avait plus vraiment le choix. S’il voulait s’envoyer en l’air, bénéficier d’un peu de tendresse, il lui fallait réussir à se lier véritablement avec Gina. Ce qui n’allait pas être une mince affaire.
Aya soupira, et consentit à lui donner quelques conseils : faire de son mieux pour impressionner sa belle, discuter avec elle, la protéger, l’aider, s’intéresser à sa personnalité, la respecter autant qu’il se respectait lui-même. Et surtout, ne pas la voir uniquement comme un objet à plaisir. Admirer son esprit, et pas seulement son corps. Exhaler l’amour, toujours l’amour.
« Elle doit se sentir belle quand tu la regarde, conclut Aya. Là, elle sera dans ta poche. Mais ce n’est pas quelque chose qui se fait en un rien de temps… »
Tout cela intéressait beaucoup Vicious, mais était tellement compliqué, tellement loin de la manière dont il avait toujours vécu. Que de travail, que d’investissements pour réussir à mettre la belle institutrice dans son lit ! L’aboutissement de toute cette démarche absurde avait intérêt à être grandiose… Non, c’était précisément cette manière de penser qu’il devait éviter.
Depuis son adolescence, il avait considéré que lui seul avait de l’importance. Ses sentiments, ses désirs. Il lui fallait apprendre à s’intéresser réellement aux autres, à trouver du plaisir dans les relations, pas seulement dans l’acte sexuel. A donner, et plus uniquement à prendre. Comme cela était long et difficile. Finalement, le refus de Gina était sans doute une étape cruciale de cet apprentissage. Vicious en était conscient, mais son envie de s’envoyer en l’air était toujours là, le taraudait depuis des semaines. Il lui fallait prendre son mal en patience, il n’avait pas le choix.
Aya redescendit du bus. Puisque son camarade ne comptait pas dormir, elle lui laissait la garde et comptait se reposer jusqu’au retour de Faye et Kenji. Mais alors qu’elle allait entrer dans le véhicule, une silhouette nue émergea de derrière un bâtiment.
« Aya ! Fait gaffe ! » cria Vicious.
La goule se rua sur la jeune femme, qui eut juste le temps de se retourner pour se protéger de la morsure. La charge de la créature l’envoya à terre et sa tête heurta violement le sol, l’assommant net. Vicious sauta du bus, mais retomba maladroitement dans sa précipitation, se tordant méchamment la cheville et lâchant sa batte.
« Qu’est-ce qui se passe ? interrogea Gina en sortant du véhicule.
-    Reste à l’intérieur ! » lui cria Vicious.
Il était malheureusement trop tard. Se désintéressant d’Aya, inconsciente, le zombie fonça sur l’institutrice. Prise de court et encore ensommeillée, Gina protégea sa gorge de son mieux en reculant. Mais ce n’était pas suffisant. Le cri d’horreur qu’elle poussa alors que les mâchoires du monstre se refermaient sur son bras nu glaça Vicious jusqu’au os.

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