Chapitre 67 : Donna la goulophile

Publié le par RoN

« Qu’est-ce que tu viens faire là ? interrogea Church. M’espionner pour le compte de ton père ? »
Une intruse avait en effet pénétré dans le laboratoire, où le scientifique travaillait seul en cette fin d’après-midi. Il s’agissait de Donna Moncle, même si le docteur aurait été bien incapable de savoir qui était qui entre les jumelles. Les autres habitants avaient déjà du mal à les différencier, et ce n’était pas Church, qui ne côtoyait personne exceptés Jack et Marie, qui pouvait connaître son prénom. Les jeunes filles avaient pourtant des personnalités bien distinctes. Alors que Mickie ne cachait pas son désaccord avec les manières de son père (mais le craignait bien trop pour le lui dire en face), Donna ne jurait que par celui qui était leur chef.
Pour une fois cependant, elle lui avait désobéi et était venue voir le scientifique. Elle se présenta avant de lui donner des explications.
« Non, Doc, je ne suis pas là en tant qu’espionne.
-    Alors repars vite. Tu n’as rien à faire ici.
-    Oh si. J’aimerais en savoir plus sur vous, Doc. Vous m’intéressez. Vous… m’attirez… »
Church écarquilla les yeux. Expression particulièrement étrange sur le visage de quelqu’un qu’on ne pouvait différencier d’une goule. Il n’était pas sûr de bien comprendre. La jeune fille se fit plus explicite, et retira sa chemise pour exhiber une paire de seins jeunes et magnifiques.


Le scientifique n’en revenait pas. Cette gamine était-elle folle ? Oh, il avait bien remarqué qu’elle avait tendance à le fixer curieusement, lorsqu’il s’étendait à l’extérieur pour prendre le soleil, quasiment nu. Il pensait la dégoûter, lui faire peur, comme à la plupart des habitants. Mais jamais, jamais il n’aurait pu croire qu’au contraire, elle éprouvait une attirance pour lui.
Non, ce n’était pas possible. Il n’avait plus rien d’humain. La jeune fille devait vouloir se jouer de lui, le torturer gentiment en lui rappelant ce qu’il ne pourrait plus jamais avoir.
« Allons, arrête tes conneries, la pria-t-il. Rhabille toi et laisse-moi tranquille.
-    Pas avant d’avoir eu ce que je veux… »
Church avait perdu la plupart de ses souvenirs d’être humain, mais il savait encore reconnaître le désir dans les yeux d’une femme. Donna était sérieuse. Elle le démontra en laissant sa jupe glisser le long de ses cuisses et en s’avançant lentement vers le médecin.
« Ce n’est pas possible ! pensa-t-il tout haut, extrêmement nerveux. Je n’ai plus rien d’humain !
-    Justement, Doc. J’ai toujours eu envie de savoir ce que ça faisait de baiser avec une goule… Ces monstres sont… fascinants. Leur force, leur cruauté… Ca m’excite. Ne laissez pas passer cette chance. Personne dans ce pays ne voudrait faire l’amour avec vous. Moi si. Je suis sûre que vous en avez envie…
-    Oh, j’aimerais bien. Tu es très… appétissante – et le terme était on-ne-peut-plus approprié. Mais je n’ai même plus de sexe…
-    Et alors ? répondit-elle en haussant les épaules. Vous avez toujours vos mains. Et votre langue… S’il vous plait… »
Donna se rapprocha encore du docteur. Celui-ci ne pouvait plus fuir, acculé contre les frigos. Ivre de désir, la jeune fille se colla contre son corps, saisit sa main griffue et l’appuya contre sa poitrine.
« Oh, vous êtes si froid… gémit-elle. Et moi si chaude. Vous le sentez ? »
Paralysé, le docteur ne pouvait dire un mot, utilisant toute sa force pour lutter contre les pulsions qui se bousculaient en lui. Cette jeune femme – proie – était si tentante, littéralement offerte à lui. Bien entendu, elle ignorait que ce que Church désirait lui faire n’avait rien de sexuel (quoique ?).
Non, il devait se battre, ne pas céder ! Il repoussa Donna sans ménagement et voulut ouvrir le frigo contenant le corps d’Amagi. Voilà ce qu’il lui fallait. Une bonne morsure inoffensive. Qu’importe si la fille de Charles le voyait. Le désir était là, bien trop puissant. Il fallait qu’il morde, maintenant ! Mais loin de la faire renoncer, cette violence ne fit que renforcer les ardeurs de Donna.
« Aller, docteur ! supplia-t-elle en se jetant sur lui, pressant sa douce poitrine contre son torse glacé. Caressez-moi ! Léchez-moi ! Rien qu’un peu, je vous en prie ! »
Totalement inconsciente du danger, elle lui agrippa les épaules et fit courir sa langue sur les lèvres du médecin. Celui-ci ferma les yeux, faisant tout pour penser à autre chose. Mais la fille était toujours là. Son parfum était là, son corps chaud et palpitant était là… C’en était trop.
Jack s’était encore engueulé avec Charles, et vint se réfugier dans le laboratoire pour discuter un peu avec le docteur. Il entra juste à temps pour entendre un hurlement de femme. Se précipitant vers les frigos, il assista à un spectacle de cauchemar.
Church avait franchi le pas. Dans un simulacre sanglant d’étreinte amoureuse, il serrait une des jumelles Moncle dans ses bras, ses dents plantées dans l’épaule de la malheureuse goulophile. Celle-ci se débattit, cria, mais il était déjà trop tard. Elle qui voulait absolument s’accoupler avec un zombie venait d’expérimenter leur façon de se reproduire…
Le docteur maintint sa prise quelques secondes avant de relâcher la jeune fille. Terriblement choquée, elle pressa sa blessure avant de s’enfuir en pleurant ses dernières larmes. Effaré par la scène qui venait de se produire, Jack ne pensa même pas à la retenir.
La bouche pleine de sang, Church tomba à genou, écrasé par la culpabilité. Il aurait aimé hurler, sangloter, mais son corps de goule ne lui permettait même pas ces quelques signes d’humanité. Il ne pu que balbutier à Jack quelques explications.
« Qu’est-ce que j’ai fait ? gémissait-il. Cette pauvre fille… Elle voulait juste que je la touche, que je l’embrasse… Elle s’est collée à moi… J’ai pas pu résister… Je l’ai tuée… »
Dehors, des cris commençaient à retentir. Les quelques personnes travaillant encore dans les champs n’avaient aucune chance de ne pas voir la jeune fille dénudée et ensanglantée. Et bientôt, une détonation claqua. L’inévitable s’était produit, les habitants avaient fait ce qu’il fallait. Et bientôt, bientôt ils débarqueraient dans le laboratoire pour se venger du médecin qui n’avait pas su résister à ses pulsions. Fallait-il les laisser faire ? Jack décida que non. Church avait été incapable de maîtriser ses instincts, mais n’était pas un monstre. Il n’était pas responsable de ce qu’il avait fait, et ne méritait pas de mourir. Sauf si c’était ce qu’il souhaitait, bien sûr, auquel cas Jack était prêt à abréger ses souffrances.
Mais malgré la culpabilité, le docteur ne voulait pas qu’on le tue. Pas comme un monstre, pas comme une bête que l’on abat froidement. Il supplia Jack de l’aider. Reprenant ses esprits, le jeune homme réfléchit à toute vitesse. Comment sortir son ami de là ? Il ne pouvait plus rester à la base, c’était clair. Mais il était impossible de le faire s’échapper sans que les autres le voient.  Pouvait-il se cacher ici en attendant ? Charles et ses sbires ne manqueraient pas de retourner tout le laboratoire à sa recherche. La situation semblait désespérée pour le pauvre homme. Mais par bonheur, Jack eut finalement une idée. Parcourant la pièce du regard, la solution s’imposa d’elle-même. C’était culotté, c’était dingue, mais c’était leur seule chance.
« Essuyez ce sang, Doc, et foutez-vous à poil ! » ordonna-t-il.



(image extraite du manga Enfer et Paradis)

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Tistou Lacasa 23/11/2009 18:35


hum hum j'aurai bien aimer qu'elle se fasse goulifier par la chatte :)