Chapitre 54 : jusqu'au bout

Publié le par RoN

Jack fuma un bon gros joint ; ce serait peut être le dernier. Mais il valait mieux être optimiste, et il s’en roula un autre pour après la bataille, si après il y avait. Puis il se prépara pour la lutte à mort qui l‘attendait.
Il leur restait un katana, qu’il passa dans sa ceinture. Il prit également quatre pistolets, rangés dans des holsters et dans son pantalon. Il aurait peut être été plus judicieux de prendre moins d’armes, mais plus de munitions. Mais il n’aurait probablement pas le temps de recharger, aussi valait-il mieux emporter des flingues prêts à l’emploi. Enfin, il chargea leur dernière roquette dans le bazooka, et après avoir embrassé sa sœur et Roland, sortit du véhicule.
Il s‘approcha le plus discrètement possible de la horde, jeta un dernier coup d’œil à ses camarades, planqués entre les sièges du 4X4, et arma son lance-roquette. Après avoir respiré un bon coup, il déchaîna les enfers.
Le missile fusa et démembra instantanément une bonne douzaine de goules. Les survivantes furent sur leurs pieds en un clin d’œil, regardant dans toutes les directions pour détecter l’impudent qui osait s’attaquer à elles. Jack jeta son arme lourde et dégaina deux de ses pistolets.
« Aller ! gueula-t-il. Amenez-vous, bande de moules syphilitiques ! »
Celles-ci ne se firent pas prier. La meute se précipita vers lui comme un seul homme. Jack les laissa approcher de quelques mètres, visa avec soin et en expédia quatre dans le néant avant de prendre ses jambes à son cou.
Enjambant le fossé, il se mit à courir à travers champ comme si ça vie en dépendait. Ce qui, à vrai dire, était tout à fait le cas.
Après une centaine de mètres, un coup d’œil en arrière lui apprit que son plan fonctionnait. Les évolués étaient sur ses talons, à à peine quelques foulées, tandis que les infectés plus jeunes, et donc moins rapides, avaient été distancés. Jack s’arrêta en dérapant sur le sol meuble, aligna les goules et les alluma avec ses deux flingues simultanément. Les trois qui étaient en tête eurent le crâne explosé, mais les autres balles se figèrent dans la poitrine des suivantes, les ralentissant sans les tuer.
Jack n’avait pas le temps de continuer à tirer. Il reprit sa course tandis que dans le lointain, il percevait le bruit du 4X4 qui s’éloignait. Roland et Jack étaient passés. Mais pour sa part, il était loin d’être tiré d’affaire. Après avoir couru une minute, il réitéra la manœuvre. Et encore une fois. Et une autre.
Les goules tombaient, mais les coups de feu en attiraient d’autres. Et visiblement, les évolués avaient compris sa tactique. Le jeune homme constata en effet qu’elles continuaient à le suivre mais en restant à bonne distance, laissant les zombies de base prendre la tête de la course. Dans quel but ? Jack n’avait pas le temps de se poser la question. Ses deux premiers pistolets étaient vides et il avait toujours une bonne trentaine de monstres aux fesses. S’il ne voulait pas être obligé de les affronter au corps à corps, il fallait absolument économiser ses munitions. Chaque balle devait se loger dans une tête. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Essoufflé comme il était, réussir à atteindre une cible mouvante se révélait extrêmement périlleux. Mais il ne devait pas perdre espoir. Sa seule chance était de se battre jusqu’au bout, de continuer à tuer les zombies jusqu’à ce qu’il n’ait plus aucune force ou qu’il  subisse leur morsure empoisonnée.
Jetant ses deux armes vides, il dégaina son troisième pistolet et entreprit de viser plus soigneusement, s’aidant de ses deux mains. Il ne fallait pas paniquer, ne pas laisser l’adrénaline lui dicter ses mouvements. Etre patient, méthodique. Une balle, une tête. Une balle, une tête. Courir. Et recommencer. Encore et encore, malgré ses jambes de plus en plus lourdes et ses poumons en feu.
Et finalement, quand ses deux derniers pistolets furent à sec, il était quasiment venu à bout des zombies. Du moins des infectés de base. Mais chaque problème en son temps.
S’emparant de son katana, il « pointa » l’une des goules, en esquiva une autre avant d’abattre le sabre sur son crâne, et repoussa la dernière d’un coup de pied avant de lui trancher proprement la tête.
Puis il posa un genou au sol, crachant ses poumons et jaugeant ce qui lui restait à faire. Six évolués qui se rapprochaient en trottant tranquillement, se rendant bien compte de l’état d’épuisement de leur proie. Dont au moins un qui était le clone de celui qui les avait attaqués sur le chemin de Pavilion : une grande taille, des membres élargis, plats et démesurés, et des griffes capables de percer l’acier sans difficulté. Et visiblement, une intelligence supérieure. Car le « super-évolué » restait en arrière, laissant ses compatriotes avancer vers Jack en l’observant de ses yeux morts.
Le jeune homme n’avait pas particulièrement peur. Il n’éprouvait en tout cas pas la terreur quasi-religieuse qui avait habité son corps et son esprit durant les premières semaines de l’infection. Finalement, ce qui l’attendait probablement n’était pas si horrible. Il commençait à bien connaître les évolués. Les zombies de base se jetaient sur leurs proies par pur instinct, ne tenant aucun compte de leurs monstrueux frères. Si un seul humain tombait au sein d’une meute, la pauvre victime mourrait dévorée vivante, chaque goule essayant d’avoir sa part du gâteau. Dans ce genre de cas, il ne restait parfois même pas suffisamment de viande sur le corps pour que celui-ci soit réanimé par la Ghoulobacter.
Avec les évolués, cela semblait différent. Leur instinct les poussait toujours à mordre, mais ils pouvaient visiblement contrôler leurs pulsions dans une certaine mesure. Une fois que la victime était contaminée, la goule relâchait sa prise, et si d’autres monstres étaient présents, ils se désintéressaient de la victime sans chercher à la mordre. Les zombies ne s’attaquaient pas entre eux, cela semblait logique. Par conséquent, les évolués devaient probablement ressentir de façon quasi-immédiate la contamination d’une proie. Dès que vous étiez mordu, ils vous considéraient comme un des leurs.
Toutefois, cela ne les empêchait pas de chasser en équipe. Pas de compétition entre eux. Seule comptait d’infecter la cible. Vraisemblablement, ce qui attendait Jack n’était donc pas un massacre, mais plutôt une simple morsure, puis un coma qui finirait par le tuer. Il ne serait pas démembré, pas dévoré vivant. Bien entendu, sentir les dents d’un zombie s’enfoncer dans sa chair ne devait pas être agréable. Mais il fallait bien l’avouer, il y avait des morts bien pires.
Cependant, Jack n’en était pas encore là. Il était exténué, mais ne comptait pas se laisser avoir tant que ses bras pourraient brandir le katana. Il choisit de ne pas bouger, laissant les goules s’approcher lentement de lui. Ce n’est que quand l’une d’elles ne fut plus qu’à un mètre que son sabre fusa, tranchant la tête du monstre au niveau des pommettes. Instantanément, les quatre autres évolués fondirent sur lui, mais Jack s’était déjà remis sur ses pieds et courrait à toutes jambes. Du moins essaya-t-il. Car il avait surestimé les forces qu’il lui restait, et les ongles d’un de ses poursuivants vinrent lui labourer le dos. Jack se retourna en criant de douleur, et sous le coup de l’adrénaline, coupa proprement en deux le buste du monstre.
Mais un autre était déjà sur lui. Jack ne vit que sa bouche grande ouverte, suintante de bave. Il y plongea la lame de son katana et le zombie vint s’affaler contre lui, incapable de mordre avec la lame d’acier en travers du gosier. Le jeune homme le repoussa violement en arrière avant de l’achever d’un coup sur le sommet du crâne.
« Plus que deux ! Plus que deux ! » s’écria-t-il intérieurement avant de reprendre sa course.
Il omettait cependant le « super-évolué », qui suivait la bataille à quelques mètres, impassible. Mais Jack ne pensait plus, il était uniquement réflexes, il était survie.
Ses bras ne marchaient plus qu’à l’adrénaline et le katana semblait peser une tonne. Grognant sous l’effort, il réussit néanmoins à  l’abattre sur un des deux évolués restant. Pas assez précisément, hélas. Car le coup l’atteignit à l’épaule, tranchant presque son tronc en deux mais ne le tuant pas. Le monstre s’écroula à terre et réussit à attraper la cheville du jeune homme, le faisant trébucher et tomber à plat ventre. Il eut à peine le temps de se retourner.
Le dernier évolué était en l’air, bondissant sur lui. A cet instant, Jack se sentit perdu. Son interminable lutte allait prendre fin. Ce ne fut pourtant pas le cas.
Son bras bougea-t-il par réflexe, ou était-ce le sabre lui-même qui s’était animé ? Impossible de le savoir. Jack vit en tout cas la tige de métal se tendre devant lui, pour venir embrocher la goule en plein dans l’œil.
Il repoussa le cadavre d’un coup de coude avant de couper le bras du dernier zombie, qui n’avait pas lâché prise malgré son thorax quasiment coupé en deux. De la pointe de son sabre, Jack abrégea ses souffrances – si du moins les goules pouvaient éprouver de la douleur. Puis il se releva péniblement, pour constater qu’il n’en avait pas encore fini. Restait le « super-évolué », le big boss de ce combat qui durait depuis une éternité.
Etrangement, le monstrueux simulacre d’humain n’attaqua pas immédiatement. Tournant lentement autour de sa proie, il lui laissa le temps de reprendre un peu son souffle. Etait-ce de la méfiance ? De la crainte ? La goule était-elle impressionnée par la ténacité du jeune guerrier ? Peut-être même était-elle amusée par ce combat. Impossible de deviner ses intentions, encore moins de communiquer avec elle.


« Aller, ramène-toi, qu’on en finisse… » soupira Jack en se mettant en garde.
C’était visiblement ce qu’attendait le monstre, qui fonça brusquement sur lui.
Il était extrêmement rapide. Et intelligent. Car contrairement aux autres évolués, persuadés que leur proie était à bout de force, il n’essaya pas de la mordre directement. Non, à la place, il se servit de ses bras démesurément longs pour infliger une profonde griffure à Jack, qui faillit lâcher son sabre sous la douleur. Le jeune homme contre-attaqua instantanément, mais la goule se servit de ses avant-bras aplatis pour parer la lame. Le sabre trancha facilement la peau, mais sans pénétrer l’os. Etait-ce un hasard ? Les membres des infectés semblaient en tout cas parfaitement adaptés à la lutte contre des armes blanches, pour peu que les goules pensent à les utiliser ainsi. Visiblement, celle-ci l’avait compris.
Le monstre réitéra ses attaques. Jack était bien trop affaibli pour se protéger efficacement, et il se retrouva bientôt les habits en lambeaux, du sang parlant de multiples coupures parallèles. Il n’allait plus tenir longtemps.
Il tenta alors le tout pour le tout. Quand la goule se rua sur lui pour le blesser une nouvelle fois, Jack n’essaya pas de se protéger. A la place, il projeta son sabre vers le zombie de toute sa force, comme on le ferait avec une lance. Le super-évolué avait des réflexes surnaturels, mais ne pu esquiver parfaitement cette attaque inattendue. La lame s’enfonça à l’endroit où s‘était un jour trouvé son cœur. Cela le déstabilisa une seconde, et Jack fonça vers le monstre pour récupérer son arme et lui asséner le coup de grâce. Mais il n’en eut pas le temps.
Insensible au katana qui le traversait de part en part, le zombie attrapa Jack, plantant ses griffes dans le bras du jeune homme. Impuissant, celui-ci ne pu rien faire quand les crocs du monstre s’enfoncèrent dans son épaule.


(source de l'image : http://images.wikia.com/witcher/images//7/7b/Ghoul3.jpg)

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Tistou Lacasa 13/11/2009 17:23


Hou !!! Jack va avoir une belle cicatrice :)


3284 10/11/2009 18:44


Bande de moules syphilitiques BWAHAHAHAHAHAHAHAHAH !