Chapitre 31 : bataille

Publié le par RoN

Marie et Paula passèrent un sacré savon à Jack quand elles apprirent que le jeune homme avait autorisé Roland à utiliser les armes. Mais dès la bataille suivante, elles durent bien admettre qu’avoir un tireur de plus constituait déjà un sérieux renfort.
Le jeune garçon ne pouvait utiliser avec efficacité que les pistolets, les fusils étant un peu lourds et ayant un recul trop puissant pour qu’il puisse viser correctement. Dès le premier soir, Roland réussit néanmoins à abattre sept zombies, et il ne fallut pas attendre longtemps pour que les autres enfants viennent à leur tour réclamer qu’on leur apprenne à se servir d’une arme. Jack entreprit donc de les former les uns après les autres, et au bout d’une semaine, tous étaient capables de mettre une balle dans la tête d’un zombie situé à quelques mètres. Même la jeune Anne, âgée de seulement six ans, parvenait à tenir un pistolet dans ses petites mains et à s’en servir correctement.
Bien entendu, les étudiants ne laissaient pas leurs protégés se balader constamment avec une arme sur eux. Jack les avait de toute façon bien prévenus : s’il voyait un seul d’entre eux avec un flingue sans que cela ne soit justifié, il lui mettrait une bonne raclée et lui interdirait de continuer à s’en servir. Mais les enfants étaient sérieux et ne prenaient leur arme que quand sonnait l’heure d’affronter les goules. Cela facilita énormément les affrontements, qui pouvaient être réglés en quelques minutes malgré la proportion croissante d’évolués.
Cela permit également aux enfants de mieux supporter la peur et l’atmosphère constante de danger. Capables de se défendre, les gosses étaient maîtres de leur destin, et les cauchemars qui les réveillaient chaque nuit se firent de plus en plus rares. Jack lui-même se sentait de mieux en mieux. Même s’il n’arrivait toujours pas à se remettre de la disparition d’Aya, s’occuper de cette bande de gamins lui permettait au moins d’être utile à quelque chose. Difficile de s‘abandonner au désespoir quand la survie de tout un groupe dépendait de lui et de ses amis. Et bien malgré lui, il finit par apprécier la compagnie de ces mioches.
La vie n’était pas facile pour autant. Ils devaient régulièrement piller des magasins pour se trouver à manger, et le froid de l’hiver se faisait de plus en plus rude. Ils se rendirent cependant compte qu’ils pouvaient faire du feu la nuit sans risquer d’attirer les prédateurs, à condition cependant que celui-ci soit un minimum camouflé par les arbres ou le relief. Le froid et les journées de moins en moins longues rendaient les goules peu vivaces, et il était rare qu’un zombie se donne le mal de venir les attaquer une fois le soleil couché. Cela arrivait cependant, en particulier avec les évolués dont les sens semblaient beaucoup plus développés que les infectés communs, et ils ne pouvaient jamais réellement baisser leur garde quand ils sortaient de leur bus renforcé. Mais ils pouvaient au moins s’accorder le luxe de manger chaud.
Les étudiants rencontraient parfois d’autres survivants. Ils pouvaient envoyer des messages radios grâce à l’émetteur qu’ils avaient récupéré dans l’église du père Sourcier, et parvenaient ainsi à entrer en contact avec d’autres rescapés. De nombreuses familles étaient parvenues à échapper aux zombies en se barricadant solidement chez eux. Quand ils avaient la chance de disposer de provisions et d’armes suffisantes pour s’autoriser des sorties ravitaillement, les gens parvenaient à s’en tirer. Mais parmi tous les survivants rencontrés, aucun n’avait souhaité se joindre à eux. Cela était compréhensible : ils étaient relativement en sécurité dans leurs abris, et la perspective de parcourir les routes sans savoir ce qui allait arriver le lendemain ne les enchantait guère. Et de toute manière, les gens étaient peu enclins à entrer dans leur galère. Ils avaient déjà bien assez de mal à survivre et n’avaient aucune envie de devoir s’occuper en plus d’une bande de gosses.
Nos amis continuaient donc à errer, mais furent bientôt bloqués par la neige qui s’était mise à tomber sans discontinuer. A seulement quelques kilomètres de Ginardi, une grande ville qui devait compter quelques dizaines de milliers d’habitants, leur bus se retrouva coincé dans une montée, incapable d’avancer sur la route enneigée. Il était hors de question de camper sur place. S’ils voulaient passer la nuit, il leur faudrait un feu gigantesque, ce qui ne manquerait pas d’attirer constamment les zombies des alentours, l’endroit étant totalement à découvert.
Heureusement pour eux, une importante zone commerciale se situait à seulement quelques centaines de mètres. Emmitouflés sous plusieurs couches de vêtements, Jack et les frères Bronson entreprirent donc d’aller l’explorer, dans l’espoir de trouver un refuge le temps que la météo redevienne plus clémente.
Les étudiants rencontrèrent quelques goules sur le chemin et les éliminèrent tant bien que mal, malgré la neige et les épais vêtements qui ne facilitaient pas le maniement du sabre. Par bonheur, la chance leur sourit rapidement et ils tombèrent sur une imposante galerie marchande. Les entrées étaient protégées par de lourdes grilles de sécurité, et les jeunes gens se rendirent bientôt compte que le bâtiment était toujours approvisionné en électricité, aussi incroyable que cela puisse paraître. Découverte qui faillit d’ailleurs leur coûter la vie. Défonçant une vitre pour pouvoir s’y introduire, Jack crut faire un arrêt cardiaque quand l’alarme du magasin se mit à retentir. Une sonnerie stridente, qui devait sans doute s’entendre à plus d’un kilomètre, sans compter le vent qui devait porter le bruit encore plus loin.
Ce qui devait arriver arriva et moins de trente secondes plus tard, ils virent arriver les premiers zombies. Les étudiants s’en débarrassèrent sans difficulté mais déchantèrent bien vite. A seulement une centaine de mètres, une foule dense de monstres nus se précipitaient vers eux. Impossible de les dénombrer, mais ils étaient en tout cas beaucoup trop nombreux pour les trois jeunes gens. Ils songèrent à se réfugier dans la galerie marchande, mais la foule de zombies était si importante qu’il était tout à fait possible qu’ils parviennent à enfoncer les grilles. Sans compter l’alarme qui ne s’arrêtait pas et qui continuerait à ameuter des monstres. Non, leur seule chance était de se replier vers le bus, où ils auraient assez de puissance de feu pour combattre la horde.
Les étudiants piquèrent le sprint de leur vie et réussirent à rejoindre leur véhicule, à bout de souffle et les zombies sur les talons. Leurs amis et les enfants avaient entendu l’alarme et étaient déjà prêts, pistolets chargés et crans de sûreté retirés.
La bataille qui s’ensuivit fut une des plus effroyables qu’ils eurent à mener. Les goules arrivaient sans cesse par vagues successives, et faillirent renverser le bus plusieurs fois. Si Jack n’avait pas appris aux enfants le maniement des armes, ils auraient assurément été engloutis par le flot de monstres.


Les évolués étaient terrifiants. Certains n’avaient vraiment plus grand-chose d’humain. Sans aucune pilosité, la peau sombre, il ne restait souvent même plus trace de leur sexe. La transformation commençait à modifier leur physionomie : leurs membres semblaient plus longs et aplatis, et leur conféraient visiblement une puissance hors norme. D’un seul bon, certains parvenaient à sauter sur le toit du bus. L’un d’eux réussi même à arracher une des grilles protectrices avant de se faire exploser la cervelle. Les conséquences auraient pu être terribles, mais le flot de goules avait heureusement fini par se tarir.
La bataille avait quasiment duré une heure. Partout autour d’eux étaient étalés des corps mutilés, et l’atmosphère à l’intérieur du bus était chargée de la fumée des armes et de la transpiration des combattants. Leur stock de munitions avait pris une sérieuse claque. Mais ils s’en étaient sortis. Sans doute en grande partie parce que l’alarme de la galerie marchande s’était finalement tue. Si cela n’avait pas été le cas, ils auraient sans doute été partis pour affronter la quasi-totalité des zombies de la ville. Et étant donnée la forte densité de population de Ginardi, leur sort aurait sans doute été beaucoup moins heureux.


(image extraite du film : l'Armée des morts)

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Tistou Lacasa 19/10/2009 23:03


Tu n'as pas mis la référence de la photo, un oubli ?
En tout cas, moment palpitant. N'hésite pas, je pense, à faire des scènes d'actions sur deux chapitres. Les allonger ne sera pas forcément un mal...