Chapitre 25 : capturés

Publié le par RoN

« Hey Vicious ! Regarde un peu ce qu’on a trouvé ! »
Les brutes firent entrer leurs prisonniers dans le camp des Raiders, les poussant dans le dos du canon de leurs armes.
Les étudiants s’étaient faits avoir comme des bleus. La curiosité avait eu raison de la prudence. Jack, Aya et les frères Bronson avaient pris les vélos et étaient partis dans la direction d’où les feux d’artifices s’étaient envolés. Ils n’avaient eu aucun problème sur le chemin, le plan de « nettoyage » des Raiders ayant parfaitement fonctionné. La plupart des zombies de la zone avaient été attirés par les fusées, et les mercenaires n’avaient plus eu qu’à les attendre, fusil en main, pour les abattre au fur et à mesure. Leur technique commençait à être bien rôdée. Vicious en avait eu l’idée le jour où ils étaient tombés sur un magasin de farces et attrapes, qu’ils avaient vidé de tous les feux d’artifices qui s’y trouvaient. Depuis, ils essayaient de s’en procurer régulièrement.
Quand ils décidaient de se poser quelque part pour un certain temps, ils n’avaient qu’à mettre en place leurs véhicules stratégiquement, disposer régulièrement des tireurs de façon à couvrir toutes les directions, et à faire partir les fusées. En quelques heures, il leur était ainsi possible d’éliminer quasiment tous les zombies sur plusieurs kilomètres, s’assurant une tranquilité relative pour les jours suivants. Evidemment, les choses étaient plus compliquées maintenant que les goules commençaient à changer. Mais pour cette fois, ils n’avaient eu aucun problème.
Les étudiants avaient été capturés alors qu’ils n’étaient qu’à une centaine de mètres du camp. Une patrouille leur était tombée dessus, et ils n’avaient pas tenté d’opposer la moindre résistance aux hommes en arme. Heureusement pour eux, car les Raiders ne se posaient pas beaucoup de question et la solution à la plupart de leurs problèmes consistait généralement en une balle de fusil. Mais les étudiants se retrouvaient maintenant encerclés par les brutes, et en face d’eux, le démon des terres infectées les jaugeait d’un œil froid.
Le chef des Raiders garda le silence quelques instants avant de se présenter.
« Salut, les jeunes, commença-t-il bien qu’il soit probablement leur cadet. On m’appelle Vicious. Qu’est ce que vous faites à traîner par ici ? »
Jack lui expliqua qu’ils avaient été attirés par les feux d’artifice.
« Vous êtes donc des zombies ? plaisanta Vicious. Dans ce cas, on aurait du vous mettre une balle dans la tête direct… »
Les Raiders épaulèrent leurs armes, mais le chef leva le bras pour les arrêter.
« Quelle bande d’abrutis, ceux-là… grommela-t-il. Bon, racontez-moi un peu qui vous êtes, et ce que vous faites. Vous êtes les premiers survivants qu’on croise dans le coin. Cette zone a du bien morfler…
-    En effet, M. Vicious, répondit Jack, préférant se montrer le plus respectueux possible étant donné le nombre d’armes qui l’entouraient. On pense que c’est ici qu’a commencé l’infection. On est là depuis le début.
-    Eh bien, vous devez être sacrément intelligents pour avoir réussi à survivre tout ce temps.
-    Merci. J’ose croire que je suis un bon scientifique. Quand toute cette merde a commencé, j’ai agi comme tel. On a bien réfléchi, on s’est organisés, on est restés prudents et on a réussi à s’en sortir.
-    Pas assez prudents pour rester loin de nous, en tout cas.
-    Vous m’avez complimenté sur mon intelligence, mais vous avez également l’air de quelqu’un de sage, M. Vicious. Je ne peux pas croire qu’une personne comme vous nous ferait du mal inutilement… »
Vicious éclata de rire, bientôt imité par tous les Raiders. Mais le chef reprit vite son calme et considéra ses captifs d’un oeil glacé. Aya avait les yeux baissés et tremblait légèrement. Jack et les frères Bronson n’avaient peut être pas fait attention, mais elle avait remarqué ces filles, dans un des bus. Courtement vêtues, le regard vide, certaines attachées. Aya était trop intelligente pour ne pas comprendre de quoi il s’agissait. Et elle n’avait qu’une envie : filer d’ici le plus vite possible.
« Détrompe-toi, mec, continua Vicious d’une voix froide. Faire du mal, c’est ce dans quoi j’excelle. Et c’est ce que j’aime le plus dans ce monde de merde. Mais tu es sympathique et respectueux, alors je crois que je vais te laisser repartir, toi et tes potes. Vous avez un abri, je suppose.
-    Oui, répondit Jack sans s’étaler davantage.
-    Ou ça ?
-    Pas loin. »
Il ne connaissait pas assez Vicious pour lui donner la localisation exacte du laboratoire, ni pour lui dire que celui-ci était en réalité un vrai petit jardin d’Eden. L’homme ne lui inspirait de toute façon aucune confiance, et ce à juste titre.
« Bon, alors vous allez rentrer chez vous, et vous tenir à l’écart de notre route.
-    Merci, M. Vicious.
-    Mais j’y pose une condition. Ma générosité a quand même des limites, et vous possédez quelque chose que je veux. »
Le cœur d’Aya se mit à battre plus fort. Ils n’avaient rien de valeur avec eux mis à part les bokens, et les Raiders étaient suffisamment armés pour ne pas en avoir besoin. Commençant à paniquer, la jeune fille releva la tête. Pour croiser le regard glacé de Vicious, qui lui adressa un rictus digne des goules elles même.


« Et que voulez-vous ? interrogea Jack.
-    Demande à ta copine. Elle, elle a très bien compris. »
L’étudiant resta dans l’incompréhension jusqu’à ce que son regard tombe à son tour sur le bus rempli d’esclaves. Les frères Bronson avaient sans doute réalisé eux aussi, mais restaient silencieux, fixant le sol comme si c’était le plus fascinant des tableaux.
« Oh non, putain, il n’en est pas question… refusa Jack en bloc.
-    Ehe, je crois que tu n’as pas le choix, mon petit gars.
-    Mais vous êtes dingue ? C’est de ma petite amie qu’il s’agit ! Hors de question qu’elle devienne votre pute !
-    Je vais te présenter la situation autrement, dit Vicious en se levant, la main posée sur un de ses revolvers. Tu as un choix simple à faire. Soit tu nous laisses la fille, et toi et les deux frangins, vous rentrez tranquillement chez vous sans que mes hommes ne vous emmerdent. Soit tu refuses, on vous bute tous les trois, et j’aurais la fille de toute manière. C’est pas compliqué, n’est-ce pas ? Jusque là, tu as su faire preuve d’intelligence, mon petit Jack. J’ose espérer que tu continueras. »
Incapable de répondre, l’étudiant saisit Aya par le bras et fit un pas en arrière. Aussitôt, la crosse d’un fusil vint le frapper à la tempe. La jeune fille poussa un cri tandis que son ami tombait à terre, des étoiles plein les yeux. Vicious dégaina son revolver, s’avança et le pointa sur la tête de Jack.
« Jamais je ne vous laisserai la toucher ! cracha celui-ci malgré la douleur.
-    Alors tu as fait ton choix » répondit Vicious en soupirant.
Il ramena le chien en arrière, et allait appuyer sur la gâchette quand Aya se jeta à ses pieds.
« NON ! cria-t-elle. Ne lui faites pas de mal, je vous en supplie ! Je… j’accepte ! Je vais rester avec vous…
-    Aya, non !
-    Tais-toi, Jack. Je t’en prie, tais-toi ou tu vas te faire tuer. Je… Ca va aller.
-    Mais non ! s‘écria le jeune homme. Ca ne va pas aller ! Ces enfoirés, tu sais ce qu’ils vont te faire ?
-    Je le sais très bien. Mais je préfère ça plutôt que te voir te faire tuer ! Je t’en supplie, va-t-en !
-    Non, non ! Je refuse ! Je ne te laisserai pas ! »
Aya le prit dans ses bras et lui donna un baiser. Incapables de se résoudre à la séparation, les larmes coulaient sur les joues du couple.
« Pars, pars, mon amour, chuchota la jeune fille. On se retrouvera, je te le promets. »
Anéanti, Jack se laissa faire alors que les frères Bronson le tiraient en arrière. La dernière vision qu’il eut d’Aya en sortant du camp fut sa silhouette, prostrée aux pieds du chef des Raiders. Celui-ci riait aux éclats, sans doute déjà excité devant la terrible souffrance qu’il avait causée au couple. Et il ne comptait pas s’arrêter là.



(image extraite du manga : Enfer et Paradis)

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Angel 24/12/2010 13:12


Tu sais mettre dans l'ambiance. J'ai trouvé l'article très bien rythmé :)
Allez allez, je continue.


Tistou Lacasa 13/10/2009 17:38


Dans une moindre mesure cette situation ressemble à celle dans Banlieue 13...