Chapitre 21 : retour au laboratoire

Publié le par RoN

Les coups de feu avaient attiré d’autres zombies, et ils n’eurent pas beaucoup de temps pour se remettre de leurs émotions. Ce qui venait de se passer les avait changé à jamais, mais le couple n’en sortit que plus soudé encore. Chacun avait du se salir les mains pour l’autre, et ce ne serait sans doute pas la dernière fois.
Ils se débarrassèrent des quelques goules et firent le plein de la voiture, mais Jack décida de ne pas partir immédiatement. La famille Merouin avait été massacrée pour que les étudiants sauvent leur vie, autant ne pas rendre ce sacrifice inutile et en profiter un maximum. Ils fouillèrent donc la maison pour y récupérer des vivres et tout ce qui pouvait leur être utile, en particulier un deuxième fusil de chasse et de nombreuses munitions. Mais il aurait été dommage de s’arrêter là. Après ce qu’ils avaient fait, la moralité n’était vraiment plus leur principal souci. La fouille du logement leur permit de mettre la main sur un trousseau de clé, dont l’une ouvrait la camionnette garée devant la maison. Un véhicule avec une telle capacité pouvait s’avérer très utile. Trouver du carburant allait également être difficile, c’est pourquoi ils décidèrent d’en emporter le plus possible. Ils firent le tour de la ferme pour trouver des bidons et jerricans, qu’ils remplirent d’essence avant de les charger dans le véhicule nouvellement acquis. Enfin prêts à partir, Jack prit le volant de la camionnette, laissant Aya conduire sa voiture, et ils prirent le chemin de Pavilion.
Ils arrivèrent au laboratoire dans la soirée, exténués par ces deux journées riches en émotion. Leurs amis leur firent un véritable triomphe quand ils virent que le couple avait non seulement réussi à retrouver Béate, mais avait également mit la main sur des ressources ô combien précieuses en cette période de chaos. Evidemment, ils furent moins enjoués quand Jack et Aya leur racontèrent les détails de l’expédition. Mais retrouver leurs amis apporta au couple un peu de réconfort, d’autant plus que ceux-ci s’efforcèrent de leur trouver des excuses, ce qui était sans doute plus facile pour eux qui n’avaient pas directement assisté aux événements. La quantité grandiose de super-weed qu’ils fumèrent cette nuit là les aida également à oublier les horreurs qu’ils avaient vécues.
Béate se métamorphosa littéralement après qu’elle ait pris une douche, reprenant une allure humaine. Le groupe lui accorda une attention toute particulière et en quelques jours, la jeune fille avait commencé à se remettre de son traumatisme. Elle parlait encore très peu ; mais ce qu’elle disait était au moins intelligible. La sécurité du laboratoire et la super-weed l’aidèrent à baisser sa garde, et elle finit par réussir à se déplacer sans avoir constamment une arme avec elle. Paula et Arvis s’occupaient beaucoup d’elle. La tenancière de bar considérait un peu la jeune fille de seize ans comme l‘enfant qu’elle n’avait jamais eu et quant à Arvis, il était probablement motivé par l’arrivée dans leur groupe d’une fille de son âge. Mais il faudrait du temps avant de commencer à envisager une relation normale avec elle. Toujours est-il que toute cette attention et cette douceur firent le plus grand bien à Béate.
Les jours passèrent tranquillement sans que rien ne change, ou presque. Marie continuait ses observations, de plus en plus convaincue que les zombies évoluaient. Les légumes et la nouvelle culture de super-weed poussaient. L’hiver arrivait. Le nombre de goules sans cheveux et à la peau sombre augmentait.
Les frères Bronson effectuèrent également une expédition dans leur village, totalement infructueuse. Tout le quartier où se situait leur maison avait brûlé et le village semblait complètement désert, si on ne comptait pas les zombies. Les frères avaient d’ailleurs eu très chaud aux fesses. Il était maintenant clair que les goules devenaient plus fortes. L’une d’elle avait défoncé la vitre du break d’un seul coup de poing et Arvis, assis sur le siège passager, s’en était tiré de justesse. Le zombie s’était accroché à lui malgré le fait que la voiture soit en marche, se faisant traîner sur plusieurs dizaines de mètres sans en éprouver aucune douleur. Heureusement, Lloyd avait eu la présence d’esprit d’accélérer le plus possible afin que le monstre ne puisse pas se hisser, et s’en était débarrassé en frôlant un arbre, arrachant tout bonnement le bras de la créature lors de l’impact. Même séparée du corps, la main du monstre n’avait pas desserré son étreinte, et Arvis en gardait encore un bleu monumental.
Malgré ça, Allan et Marie, dont les parents habitaient le même village, à environ cinquante kilomètres, voulurent tenter à leur tour une expédition. Etant donnée la distance, le voyage durerait au minimum deux ou trois jours, et ils s’équipèrent en conséquence. Malgré le fait qu’ils disposent maintenant de trois armes à feu, aucun des deux jeunes gens ne souhaita en emporter. Il est vrai que ces armes avaient de gros désavantages, dont le premier était le bruit. Une goule tuée par balle, et dix autres rappliquaient dans les minutes suivantes. De plus, ils n’avaient pas été formés à leur maniement et ignoraient comment les entretenir. Si une pression sur une gâchette ne réclamait pas de compétence particulière, ils savaient qu’une arme pas assez bien entretenue pouvait s’enrayer à tout moment. Non, les katanas, avec lesquels ils s’entraînaient chaque jour, étaient bien plus fiables. Ils en prirent chacun un, n’oubliant pas non plus d’emporter assez de super-weed pour tenir le coup plusieurs jours.
Marie et Allan firent donc leurs aux revoirs au groupe, promettant en tout cas de revenir avant une semaine, et partirent tôt le matin. Mais quand les étudiants virent la voiture revenir le soir même, ils se doutèrent que quelque chose ne s’était pas passé comme prévu.

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