Chapitre 116 : Strychnine

Publié le par RoN

« Les filles, ça vous dérange si je passe la première ? » interrogea Strychnine avec un sourire malicieux.
Malgré l’impatience manifeste sur le visage des prisonnières, celles-ci ne formulèrent aucune objection. Leur chef referma la porte après les avoir remerciées et se tourna vers Vicious, qui s’étirait comme avant une performance sportive.
« Comment ça se fait que ces nanas te respectent autant ? interrogea-t-il en retirant se chemise.
-    Parce que je suis costaude, répondit Strychnine, se dévêtant également. Je sais me faire obéir. Mais c’est surtout parce que je suis érudite. Je connais énormément de choses. Des trucs particulièrement utiles quand il a fallu s’organiser pour survivre ici en autarcie. Sans moi, ces chipies auraient fini par s’entre-dévorer.
-    Si tu es aussi cultivée, tu as sans doute lu du marquis de Sade ? J’espère que tu as une idée de ce qu’est le libertinage, parce que c’est ce qui t’attend…
-    Une bonne sodomie à l’ancienne ? Ca me va parfaitement.
-    A sec et jusqu’au poil » précisa Vicious avec un sourire carnassier.
Cela n’impressionna nullement sa compagne, qui se contenta de lui faire un clin d’œil pour exprimer son approbation. Ravi qu’elle soit sur la même longueur d’onde que lui, l’ex-leader des Raider l’étreignit avant de lui mordiller le cou. Strychnine roucoula de plaisir, avant de le pousser sur un lit et de lui offrir une gâterie bien méritée. Cette femme avait presque deux fois son âge, mais restait néanmoins fort attirante. Et elle savait y faire. Il ne fallut pas attendre longtemps pour que Vicious se sente dur comme du bois, prêt à lui donner ce qu’elle attendait tant. Il lui ordonna de se retourner et elle s’empressa d’obtempérer, ravie d’être prise en main par un jeune mâle après toutes ces années d’abstinence.
Son amant lui griffa le dos avant de la pénétrer sans douceur aucune. Strychnine lâcha un cri de douleur, mais ne tenta aucunement de s’écarter, bien au contraire. Ses hanches se cambrèrent, s’offrant totalement aux assauts du libertin. Celui-ci n’en croyait pas ses yeux. C’était bien la première fois qu’une femme appréciait sa rudesse, sa violence. Et en redemandait. Il se fit plaisir, martelant la prisonnière de coups de reins sauvages. Celle-ci soupirait, gémissait, criait sa jouissance, humide comme jamais.
Elle finit par se redresser, saisit les mains de Vicious et les accompagna sur son corps transpirant. Avant de les mener vers sa gorge.
« Ah putain, ce que c’est bon ! Serre-moi ! Fais moi mal ! » exigea-t-elle en tremblant.
L’ancien chef des Raiders sentait le froid de la peur en elle. Mais un froid bienvenu, qui contrastait avec la chaleur dévorante qui possédait son corps, rehaussant encore un plaisir presque insoutenable. Les doigts de Vicious se resserrèrent autour de son cou, l’étranglant partiellement, manquant la faire défaillir.
Le jeune homme sentit qu’il allait décharger, se vider en elle. Il accéléra sa cadence, planta ses dents dans l’épaule de la femme, alors qu’un raz-de-marée brûlant envahissait son corps. Il eut l’impression de se trouver au centre de l’univers, chaque atome, chaque particule naissant et mourrant autour de lui, de son sexe tendu au maximum. Son monstre intérieur rugit, hurla, se mêlant aux cris étouffés de Strychnine alors que son foutre était largué dans ses entrailles.
Ses doigts lâchèrent leur prise et la femme s’effondra en avant, geignante et haletant, son corps parcouru de frissons et de spasmes. Vicious se retira et se laissa sombrer à côté d’elle, encore sous l’effet d’un des plus puissants plaisirs qu’il ait jamais ressenti. Ses yeux plongèrent dans ceux de Strychnine, mis-clos et larmoyants. Il sentait un picotement dans son cœur, une émotion qui lui était totalement inconnue. Il éprouvait de la tendresse pour cette femme qui s’était donnée à lui de tout son corps, de toute son âme. Une chaleur douce et enivrante. De l’amour ? Il l’ignorait.
« Est-ce que ça va ? l’interrogea-t-il en caressant ses cheveux humides de transpiration.
-    Oh oui, foutredieu… répondit-elle en souriant, encore haletante. Je me suis pas senti aussi bien depuis… Merde, je crois que je me suis jamais sentie aussi bien, point final. J’espère qu’il te reste du jus, beau mec.
-    Bordel ! T’en veux encore ?
-    J’aimerais bien. Mais il faut que je laisse la place aux autres. Elles sont plus jeunes et énergiques, elles te plairont. Essaie juste d’être un peu plus doux avec elles, si tu y arrives. J’ai adoré ce que tu m’as fait, mais mes copines sont moins cinglées que moi… »
Vicious sourit et hocha la tête. Son monstre était largement rassasié, il saurait se contenter de rapports plus sages durant les heures suivantes. Strychnine se leva, à moitié chancelante, et entreprit de se rhabiller. Rêveur, Vicious resta allongé sur le dos, profitant de la vue de ce corps svelte et musclé, de cette peau légèrement usée mais toujours douce. Il se sentait fort, serein. Et dire qu’il n’en était qu’au début, qu’à l’apéritif de ce banquet de sexe et de plaisir… Il n’aurait jamais osé imaginer qu’un tel cadeau puisse lui être fait.
Il s’extirpa du lit pour raccompagner Strychnine à la porte, ne se souciant même pas de sa nudité, et lui colla un baiser sur les lèvres avant de jeter un œil dans le couloir. Il avait craint un instant que ses cris et ceux et sa compagne n’aient fait fuir les autres prisonnières, mais fut vite rassuré. Et un peu effrayé. Pas moins d’une quinzaine de filles patientaient à l’extérieur, attendant que la place se libère. Les prochaines heures risquaient d’être exténuantes. Mais qu’importe, c’était pour la bonne cause.
« Le paradis… » murmura une nouvelle fois Vicious en observant toutes ces femmes en chaleur, qui bavaient presque devant son corps nu.
Il donna une tape sur les fesses de Strychnine avant de faire signe à deux prétendantes d’entrer, et s’enferma avec elles pour une nouvelle « séance ».
Les jambes un peu flageolantes, la chef fila dans la salle de bain commune, avala un bon litre d’eau et entreprit de se laver un peu. Puis elle se rendit à l’extérieur, où elle retrouva certaines de ces camarades, qui avaient bénéficié des attentions de Saul et Mitch. Les deux hommes s’étaient montrés assez récalcitrants et moyennement performants, mais avaient tout de même réussi à donner satisfaction à leurs partenaires.
Kenji, Faye, Gina et Aya avaient entrepris de faire le tour de la prison. Strychnine esquiva leurs questions à propos des marques violacées sur sa gorge, s’émerveillant devant la petite Alice endormie dans les bras de sa mère. Puis elle entreprit de leur faire une petite visite guidée.
Les jeunes se montrèrent assez admiratifs quand elle leur expliqua la façon dont fonctionnait le refuge. Entre la gestion des cultures, de l’eau et du peu d’électricité – produite exclusivement grâce à une dizaine de vélos fixes sur lesquels les prisonnières pédalaient dès que cela était nécessaire – l’organisation du pénitencier était impressionnante. Les prisonnières ne possédaient aucune ressource mis à part ce qui s’y trouvait avant le début de l’épidémie. Très peu d’armes. Pas de médicament. Tout ou presque provenait des végétaux cultivés.
Par bonheur, les activités principales des détenues avant le grand chaos étaient l‘agriculture et la  production d’électricité. Les végétaux et l’énergie étaient revendus, participant au budget de la prison. En conséquence, celle-ci disposait d’une quantité impressionnante de semences végétales différentes. Grâce aux connaissances de Strychnine, les femmes avaient pu identifier les espèces qui pouvaient leur être utiles et se débrouiller pour les faire pousser. Certaines périodes avaient tout de même été très difficiles. L’hiver en particulier, pendant lequel les prisonnières s’étaient rationnées pour éviter la famine. Mais elles s’en étaient sorties et maintenant, leur organisation était bien rôdée. Un véritable exploit, pour des femmes qui avaient un jour été considérées comme les parias de la société.
« Comment vous vous êtes retrouvée ici ? interrogea Gina. Vous n’avez vraiment pas le profil d’une criminelle…
-    Et pourtant, j’en suis une. Tentative de meurtre. J’ai pris perpette.
-    La vache, c’est sévère ! Qui avez-vous essayé de tuer ?
-    Krayzos. L’ex-président de ce pays moribond. »
Ses interlocuteurs en restèrent bouche bée. Puis Aya se frappa la paume de la main.
« Je savais bien que votre visage me disais quelque chose ! s’exclama-t-elle. Votre vrai nom est Wilfrida Kramer, n’est-ce pas ?
-    Exact, jeune fille, confirma Strychnine avec un sourire triste. Tu as une sacrée mémoire. C’était pourtant il y a dix ans… Ah, ce que j’étais idiote, à l’époque. C’est bien à cause de moi que cet enfoiré a été réélu deux fois. »
Faye et Gina s’en souvenaient également, quoique plus vaguement. A la fin du premier mandat de Krayzos, un véritable fiasco social, politique et financier, une dénommée Kramer avait tenté de mettre fin à sa pitoyable existence. Cela avait échoué, mais de peu. Le président s’était mangé deux coups de couteau dans l’estomac, pour être sauvé in extremis par des chirurgiens talentueux. Il était ressorti de l’hôpital un mois plus tard, gonflé à bloc, et s’était servi de cet incident pour faire basculer l’opinion publique en sa  faveur. Il s’était présenté comme un martyr, victime de l’extrémisme d’une gauche désespérée, dont le dernier recours était de faire appel à des tueurs.
Strychnine n’avait pourtant aucun lien avec un parti politique quelconque, ayant agi de son propre chef. Sur internet, nombreux étaient ceux qui prônaient l’exécution du président à cette époque. Avec sa politique sécuritaire et raciste, il s’était fait de très nombreux ennemis. Mais personne n’aurait osé s’attaquer directement à lui, craignant des représailles d’une sévérité exemplaire. Wilfrida Kamer, pour sa part, n’avait ni famille ni ami proche. Aussi avait-elle tenté le coup, sans penser que son acte pourrait faire le jeu du « dictateur démocratique », comme il était surnommé en ce temps là. Le charisme de Krayzos et l’excellent contrôle qu’il exerçait sur les médias avaient fait le reste. Manipulable comme un troupeau de mouton, tous ces humains de base avaient marché à fond, persuadés que leur président était le seul rempart contre l’anarchie, que les choses auraient été bien pires sans lui. Les imbéciles.
Pendant les cinq ans qui avaient suivi, Krayzos avait tranquillement mis en place un conditionnement discret mais efficace, habituant les gens à sa présence, les confortant dans leur idée que tout s’écroulerait sans leur président génial. Pour être élu une troisième fois, jouissant pour cinq ans encore de ses privilèges, tandis que le pays s’enfonçait dans une récession sans précédent. 
Tout cela aurait sans doute pu être évité. Krayzos n’aurait jamais été réélu à la fin de son premier mandat s’il n’y avait pas eu cette tentative d’assassinat ratée.
« Quelle erreur ça a été… se maudit Strychnine. Je le haïssais tellement, comme beaucoup de gens à vrai dire. Un dictateur, un roi déguisé en président. Un vrai taré, qui crachait sur la démocratie et se foutait complètement de ses citoyens. Si je n’avais rien fait, les gens s’en seraient probablement rendus compte.
-    Ca, c’est pas sûr, dit Aya. Le peuple est très facilement influençable. La télé pense à la place des gens, ils n’ont plus qu’à avaler des opinions pré-digérées. Krayzos l’avait parfaitement compris, et était un prodige dans la manipulation de l’information. Merde, il n’y avait pas un jour sans qu’il nous serve un de ses discours bidons. Mais de toute façon, ce n’est plus la peine de vous blâmer. Ce malade doit avoir rejoint la masse des électeurs, maintenant. Tous égaux, transformés en monstres bouffeurs de chair. »
Strychnine eut un petit rire. Elle aurait aimé continuer à discuter avec ces jeunes gens, à cracher sur leur ex-président véreux, mais leur échange fut interrompu par des cris. Le soleil se levait à l’horizon et les guetteuses, postées sur des tours autrefois réservées aux surveillants du pénitencier, avaient repéré une meute de goules en approche. La chef les rejoignit et s’empara d’une paire de jumelles pour observer la horde. Sa bonne humeur disparut instantanément. Cette journée aurait dû se dérouler dans la fête, la joie et le plaisir. Mais elle s’annonçait plus mouvementée que prévue.

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tistoulacasa 31/01/2010 22:08


Je me demande si on va le voir un jour ce Kraysos (que ce soit en Zombie ou en humain...Tiens , tiens, il n' y aurait pas de bunker présidentiel où ces salops du gouvernement existeraient encore ?)


RoN 02/02/2010 18:20


Ehehe, t'as qu'à en lire plus, tu verras...