Chapitre 113 : contamination accidentelle

Publié le par RoN

Viviane restait légèrement méfiante, mais Vicious n’eut pas besoin d’insister beaucoup pour qu’elle accepte de le conduire chez elle. Il se contenta de lui rappeler que, sans lui, elle aurait fini dévorée par les goules, et lui promit de la protéger sur le chemin. Promesse inutile, car ils ne rencontrèrent aucun autre zombie. Mais l’ancien chef des Raiders était parvenu à ses fins, la fillette le conduisant droit à son refuge.
« La maison bleue », comme elle l’appelait, n’avait rien d’une forteresse imprenable. Les fenêtres étaient barricadées, la porte lourde et résistante, mais les goules n’auraient pas mis bien longtemps avant de trouver un moyen d’entrer. C’était avant tout leur discrétion et la densité de zombies relativement faible qui avait permis à Viviane et à sa mère de survivre ici.
L’enfant se servit d’une clé pour déverrouiller la porte, et entra en annonçant d’un ton enjoué qu’elle avait trouvé un nouvel ami. Ce qui n’eut pas l’air de plaire à sa génitrice.
« Qui êtes-vous ? s’écria-t-elle en se redressant sur son lit et en empoignant un fusil à pompe.
-    Faut pas avoir peur, maman, la rassura sa fille, surprise par cette réaction. Monsieur Victor est un gentil. »
Mais le regard de Vicious disait tout le contraire. Ses yeux brillants détaillèrent la femme comme un prédateur l’aurait fait avec une proie. Ce qui, au fond, était précisément le cas. La mère de Viviane n’avait rien d’un canon de beauté. Trente cinq ou quarante ans, des cheveux plats et sales, une allure décharnée, des mains tremblantes et tâchées de nicotine, une cheville fermement serrée dans une attelle de fortune. Qu’importe, cela convenait parfaitement au libertin. Il n’allait pas faire la fine bouche devant une telle opportunité.
Pour le moment cependant, il allait falloir jouer serré pour en arriver là où il le souhaitait. La femme était crispée sur son arme, le tenant en joue sans ciller. N’appréciant pas vraiment d’être braqué de la sorte, il se positionna derrière Viviane et posa la main sur son épaule.
« Ecarte-toi de lui ! ordonna la mère à sa fille.
-    Oh non, tu restes là, répliqua Vicious en agrippant l’enfant par les cheveux.
-    Monsieur Victor, tu me fais mal ! protesta celle-ci avant de fondre en sanglots.
-    Relâche-la tout de suite ! glapit la femme. Ou je te jure que je te dézingue !
-    Mais bien sûr. C’est un fusil à pompe que tu tiens là, ma vieille. Une arme à répartition. Autrement dit, si tu tires à cette distance, ta fille y passe avec moi. Aller, jette ton flingue. »
Afin de se montrer plus persuasif, il dégaina son couteau et en tapota la joue de Viviane. L’enfant pleurait à chaudes larmes, et le visage de sa mère était décomposé. Terrorisée, elle obtempéra, déposant son fusil au sol et levant les mains.
« Qu’est-ce que vous voulez ? interrogea-t-elle d’une voix blanche. On ne possède rien du tout !
-    Oh si, tu as quelque chose que je désire plus que tout au monde…
-    Relâchez ma fille ! Laissez la partir !
-    T’inquiète pas, je vais pas lui faire de mal. Enfin, seulement si tu fais bien sagement ce que je te dis… Comment tu t’appelles ? »
La femme se prénommait Tricia. Vicious hocha la tête, satisfait. Non pas qu’il en eut réellement quelque chose à faire. Mais il préférait connaître le nom de ses victimes, ne serait-ce que pour s’en souvenir plus facilement.
Il poussa Viviane vers un radiateur, lui tendit une paire de menottes qu’il avait récupéré dans les stocks des soldats de l’ARH, et lui ordonna de s’attacher. La fillette ne fit pas un geste, paralysée par la terreur, sanglotant de toute son âme. Ce qui n’émeut aucunement Vicious. Mais il eut beau la menacer, faire glisser son couteau sur sa gorge, Viviane était incapable de bouger.
Il soupira et rangea sa lame. Tricia tenta d’en profiter pour récupérer son fusil, mais sa cheville l’handicapait et un pistolet apparut dans la main de Vicious avant qu’elle ait pu l’atteindre.
« Non non non… dit-il en ramenant le chien de son arme en arrière. Je vais vous exposer les choses plus clairement. Si tu fais la conne, je flingue ta fille. Et toi Vi, si tu ne m’obéis pas, je tue ta maman. Alors menotte-toi à ce radiateur, et vite. »
Les yeux de la fillette se posèrent sur le revolver, puis sur Vicious, puis sur sa mère allongée au sol. Ses pleurs stoppèrent net, et elle s’exécuta en reniflant.
« Pourquoi tu fais ça ? interrogea-t-elle d’une voix cassée. T’avais dit que tu étais un gentil !
-    Dans cet univers, il n’y a pas de gentils ou de méchants, ma chérie, répondit Vicious en lui caressant les cheveux. Il n’y a que le plaisir, et la façon de l’obtenir. Dans mon cas, c’est en faisant souffrir les gens… En particulier les innocents.
-    Alors t’es un méchant ! »
Et malgré sa peur, elle lui cracha au visage. Après un instant d’étonnement, Vicious éclata de rire.
« Eh bien, t’as envie de mourir, gamine ? » grinça-t-il en pressant le canon de son pistolet contre le ventre de la fillette.
Viviane resta muette. Ses yeux brillaient de rage et de larmes contenues. Terrorisée, c’était clair, mais furieuse avant tout. Cela amusa grandement le libertin. Cette gosse avait du cran. Ce qui n’était pas le cas de sa mère.
« Pitié… gémit-elle. Ne lui faites pas de mal. Je ferai tout ce que vous voulez… »
L’ex-leader des Raiders sourit de toutes ses dents. On y était. Il avait amené cette femme exactement où il le souhaitait. La peur l’annihilait, la privait de toute volonté. Il pouvait faire d’elle ce qu’il voulait, elle n’offrirait plus aucune résistance. Il se détourna de l’enfant et se dirigea vers la mère, envoyant le fusil à l’autre bout de la pièce d’un bon coup de pied.
« Sur le lit, ordonna-t-il. Vire tes fringues. Grouille-toi. »
Il ne quitta pas Tricia des yeux alors qu’elle s’exécutait en pleurant silencieusement. Elle était sale et maigre. Des seins quasiment absents, des côtes saillantes. Mais elle ferait l’affaire, oh oui. Vicious sentait déjà une érection lui monter dans le bas du ventre. Il ricana.
« Fous-toi à quatre pattes.
-    S’il vous plait, pas devant ma fille… implora la femme.
-    Ferme ta gueule. Tu dois pas tenir tant que ça à elle, étant donné que tu l’envoies dehors à ta place. Et pour des clopes, en plus. Tu devrais avoir honte. »
Il rit tout seul, puis dégrafa sa ceinture. Grimaçant, il libéra son bras blessé de l’écharpe, échangea son pistolet contre son couteau, avant de s’agenouiller derrière la croupe offerte de sa victime. Il fit glisser le tranchant de sa lame sur le dos de Tricia, y laissant une fine traînée de sang. Il sentait son phallus palpiter dans son caleçon, et lui fit prendre l’air.
Vicious saisit le bras de la femme et le tordit en arrière, lui arrachant un cri de douleur. La souffrance dans son biceps s’était presque éteinte, submergée par l’excitation qui le prenait au corps. Son monstre intérieur poussa un rugissement de contentement quand il la pénétra, lui enfonçant simultanément son pénis entre les cuisses et la pointe de son couteau dans la fesse droite. La femme ne pu s’empêcher de hurler.
« Ne regarde pas, Viviane ! haleta-t-elle. Ferme les yeux !
-    Oh non, profites-en, au contraire ! rétorqua Vicious. Les enfants doivent être initiés aux joies du libertinage dès leur plus jeune âge !
-    Salop ! Enfoiré de monstre !
-    Vas-y, insulte-moi ! J’adore ça ! »
Il poussa un cri de plaisir, ponctuant chacun de ses coups de reins d’une petite pression de sa lame sur le dos ou les fesses de Tricia. La pauvre fut bientôt en sang, gémissant sous la torture, tremblant de peur et de douleur. Percevant la jouissance monter en lui, Vicious libéra son bras pour l’attraper par les cheveux et la tirer en arrière. Il lui lécha le cou, lui mordit l’oreille. Quand il se sentit exploser en elle, il lui enfonça son couteau dans le ventre, la faisant convulser et rajoutant encore à son orgasme démentiel. Il resta plusieurs secondes dans cette position, à hurler son plaisir alors que ses dernières gouttes de semence étaient émises. « Enfin, enfin ! » rugissait le monstre en lui.
Rien, non rien ne valait une telle expérience, une telle jouissance. Aya et Gina pouvaient bien faire ce qu’elles voulaient. Lui était le dieu du plaisir, le maître libertin de cet univers. Jamais elles ne pourraient connaître une sensation pareille.
Il relâcha finalement sa prise, retira son couteau et son pénis, laissant sa victime s’écrouler sur le lit en geignant. Elle avait survécu. Etonnant. Mais sans doute pas pour longtemps, ruisselante de sang comme elle était.
Vicious se releva et remonta son pantalon, jetant un coup d’œil à la pauvre Viviane. Celle-ci avait les yeux baissés et le visage pâle comme un spectre, son ventre agité de hauts-le-cœur.
« Oh non, Vi, ne me dis pas que tu as manqué le meilleur ?! » lui lança-t-il, se délectant de sa propre cruauté.
Il n’en fallut pas plus pour que la fillette rende le contenu de son estomac, vomissant ses tripes comme si elle allait en mourir. Impassible, Vicious se dirigea vers la cuisine pour se décrasser, se débarrasser du sang qui maculait ses mains et ses avant-bras. Quand il revint dans le séjour, Tricia avait arrêté de respirer.
« Maman ! Maman ! criait Viviane en tirant sur ses menottes.
-    Eh bien, on dirait que tu es toute seule, dorénavant » constata le libertin sans une once de compassion.
Mais tout à coup, le cadavre de la femme s’agita. Ses jambes battirent l’air une seconde, puis elle se mit sur ses pieds sans se soucier de sa cheville brisée et parcourut la pièce du regard. Ses yeux étaient morts, sa bouche dégoulinait de bave.
« Bon dieu, mais t’es devenue un zombie ! » s’exclama Vicious.
Sa voix attira l’attention de Tricia, qui tituba vers lui en gémissant. Comparés aux évolués, les jeunes infectés étaient décidemment bien patauds. L’ex-leader des Raiders s’empara de sa hache, attendit que le monstre soit sur lui et la décapita proprement. Viviane hurla. Mais tout était déjà fini.
Vicious mit quelques instants à comprendre ce qui s’était passé. Une demi-heure auparavant, il avait utilisé son couteau pour exécuter une des deux goules à la poursuite de la fillette. Il avait nettoyé la lame, mais visiblement, la bactérie devait encore y être présente. En la tailladant, le libertin l’avait contaminée. Voilà bien une chose à laquelle il n’avait jamais songé. C’était toujours bon à savoir. Mieux valait éviter de se couper avec une arme ayant servi à tuer des zombies. Quoique dans son cas, il était imprégné presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre de super-weed, et ne risquait donc pas grand-chose.
Viviane sanglotait toute l’eau de son corps, agenouillée contre le radiateur. Vicious songea à abréger ses souffrances, à mettre fin à une vie qui ne durerait sans doute plus très longtemps de toute façon. Mais il choisit de ne rien en faire. Il se sentait parfaitement calme et serein maintenant, son monstre intérieur rassasié, en train de se rendormir. Il n’avait qu’une envie : se rouler un gros joint. Le sort de cette gamine lui était parfaitement égal. Il lui envoya néanmoins les clés des menottes, puis tourna les talons sans lui adresser un mot.
« Je te tuerai ! hurla la fillette dans son dos. Un jour je te retrouverai ! Et je te tuerai ! »

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tistoulacasa 31/01/2010 21:43


Digne héritier du Marquis Vicious est.