Chapitre 100 : Ghoul-Buster

Publié le par RoN

« KYAAAAAAAH !! »
Ses cheveux blonds ébouriffés et des larmes plein les yeux, la jeune femme court pour semer ses poursuivants. La peur qui déforme son visage ne suffit pas à la rendre laide. Ses fesses rebondies et sa poitrine opulente sont moulées par sa petite robe d’été, collée à sa peau par la sueur, et de longues bottes de cuir embellissent les courbes de ses jambes. Derrière elle, une bonne vingtaine de goules assoiffées de sang ne la lâchent pas d’une semelle, bien décidées à se faire un petit casse-croûte d’humaine. La monstruosité des zombies n’a d’égale que la grâce et la beauté de leur proie. Bien que terrifiante, la scène a quelque chose de puissamment érotique.
La femme jette un regard derrière elle et pousse un nouveau cri aigu en constatant qu’elle perd du terrain. Elle essaie de forcer l’allure, mais manque un appui à cause de ses talons et se tord la cheville. Jurant et pestant, elle tente de retirer ses bottes pour courir plus aisément. La sueur et la panique ne l’aident en rien et elle préfère abandonner, reprenant sa course en clopinant.
Les monstres vont finir par la rattraper, c’est inexorable. Sans arme, sa seule solution est de trouver un abri et de s’y barricader. Avisant une école désertée depuis longtemps, elle saute par-dessus la barrière, retombe très mal, se tord à nouveau la cheville. Cette fois, elle sent un petit claquement à l’intérieur et la souffrance explose dans toute sa jambe. Gémissant de douleur et de désespoir, elle boitille en direction du gymnase alors que les zombies franchissent l’obstacle d’un bond.
L’un des monstres bondit vers elle, et elle plonge en avant malgré le feu liquide qui envahit son pied. Les griffes de la goule la frôlent, agrippant le fin tissu de sa robe. Le vêtement se déchire alors que la jeune fille continue à s’enfuir, dénudant complètement son corps trempé de transpiration.
La goule responsable de se déshabillage forcé amène la robe en lambeaux à son visage, semble la humer dans l’attitude d’un gros pervers, avant qu’un rictus monstrueux éclaire son visage. Visiblement, le monstre garde quelques réminiscences de son ancienne vie.
En string et en bottes, la femme boitille vers les portes du gymnase, cachant ses seins nus d’une main. Réflexe de pudeur tout à fait déplacé en cette situation, et qui prive un éventuel observateur de la vue de cette poitrine magnifique. A bout de souffle, elle parvient à atteindre l’entrée du bâtiment et actionne fébrilement la poignée.
« NOOOOON !! » hurle-t-elle en constatant que la lourde porte ne bouge pas d’un poil.
Elle y tambourine quelques secondes, avant de se retourner pour voir la mort en face.
Comprenant qu’elle n’a aucune échappatoire, les goules se rapprochent tranquillement, disposées en demi-cercle pour lui couper toute retraite. La mâchoire tremblante, les yeux dégoulinant de larmes et le souffle coupé par sa course interminable, la fille est paralysée d’effroi, incapable de faire un geste alors que les zombies resserrent leur étau.
Un bras plat et griffu se tend vers elle. Elle se recroqueville le plus possible, l’acier de la porte lui paraissant glacial sur sa peau brûlante et humide. Moins froid cependant que les dents qui vont bientôt se planter dans sa chair.
N’essayant même pas de lutter, elle se cache le visage des deux mains en priant pour se réveiller. Mais ce n’est pas un rêve. Pourtant, l’homme qui apparaît à la dernière seconde a tout d’un fantasme.
Un claquement de tissu se fait entendre, accompagné d’un rire tonitruant. La femme rouvre les yeux pour voir planer une ombre gigantesque, qui tournoie un instant en l’air avant que ses larges ailes mollissent et deviennent simple tissu battant au vent. L’ombre pique vers le sol et y atterrit dans un bruit sourd et métallique, explosant le bitume à l’impact.
Délaissant la femme, l’attention des goules se focalise immédiatement sur le nouvel arrivant. Elles ont bien raison. Car si les zombies peuvent faire des rêves, l’homme accroupi et toujours riant constitue leur pire cauchemar.
La silhouette se redresse de toute sa taille et à la lueur de la lune, la jeune femme peut constater que l’homme a une allure peu commune. Vêtu d’une combinaison sombre et massive, il doit mesurer près de deux mètres et a une carrure impressionnante. Le haut de son visage est masqué par une sorte de casque électronique, orné de deux lumières rouges à la place des yeux, surmontant une bouche nue et qui affiche un sourire arrogant. Une majestueuse cape noire et mate est fixée à ses épaules, dissimulant en partie des bras extrêmement massifs. Et sur son torse, deux lettres couleur sang : GB.


1

 

L’homme repousse l’étoffe dans un geste de défi et toutes les goules foncent immédiatement sur lui. Ses bras effectuent un mouvement si rapide que la jeune femme parvient à peine à le distinguer. Elle croit percevoir de toutes petites détonations, comme des claquements de pistolets à air comprimé, et cinq goules s’écroulent instantanément, un trou incandescent au milieu du front.
Dans un bruit de machinerie high-tech, le guerrier se ramasse sur lui-même avant d’effectuer un bond faramineux par-dessus les monstres. Ses bras effectuent une nouvelle dans alors qu’il est en l’air – POUF ! POUF ! POUF ! – et trois nouveaux zombies s’étalent sans se relever, foudroyés par l’arme invisible.
Il atterrit lourdement dans le dos des monstres, s’interposant entre eux et leur ancienne proie. Alors que les goules se ruent à nouveau sur lui, il prend le temps d’adresser un sourire réconfortant à la malheureuse.
« Vous faites pas de souci, miss, dit-il d’une voix chaude et grave. Dans dix secondes c’est terminé. »
Bouche bée, elle est incapable de sortir un mot pour lui répondre, se contentant de le fixer avec des yeux ronds. Le guerrier sombre serre les poings et deux lames apparaissent instantanément sur ses bras. Deux croissants d’acier rappelant les sabres japonais, qui partent des poignets et remontent vers ses épaules.
Il bondit à la rencontre des goules, en décapitant deux à la volée, avant de se mettre à tournoyer, à danser en faisant siffler ses lames. Il fauche deux autres crânes, coupe une paire de jambes. Un des ses bras remonte vers le ciel, tranchant un deux moitiés parfaites le corps d’un monstre, avant d’empaler la tête du dernier à être encore debout.
Sifflotant, il se rapproche du zombie amputé de ses jambes et lui explose le crâne d’un bon coup de talon. Sa promesse est tenue, le combat n’a pas duré dix secondes.


2bis

 

Il jette un coup d’œil à la ronde, histoire d’être certain que plus aucune goule ne traîne dans les parages, puis ses mains se détendent et les lames disparaissent, se rétractant dans son étrange combinaison noire. Il considère la quinzaine de corps mutilés, un sourire satisfait sur les lèvres.
« Ah, vous faites moins les fiers, tas de mollusques purulents ! lançe-t-il aux cadavres. Qu’est-ce que vous croyiez ? C’est au Ghoul-Buster que vous avez eu affaire. Autrement dit le héros ultime ! »
Satisfait de sa tirade, il se désintéresse des zombies morts pour se diriger vers la jeune femme, toujours recroquevillée sur elle-même et tremblant de tous ses membres. Le dénommé Ghoul-Buster fait bouger son petit doigt et une cigarette jaillit de son épaule. Il utilise son arme silencieuse pour l’allumer en l’air, la rattrape au vol, puis tire une grosse bouffée avant de s’accroupir près de la fille. Il la jauge de la tête au pied, son regard rouge s’attardant sur ses seins et sa cheville blessée.
« Jolie demoiselle, mon cœur saigne quand souffre une créature telle que vous. Votre beauté n’a d’égale que la peur que vous avez dû éprouver. Une petite foulure n’est rien à côté de ce à quoi vous avez échappé. Mais rassurez-vous, vous êtes saine et sauve. Le Ghoul-Buster ne saurait tolérer qu’une poitrine si fantastique soit annihilée par la Ghoulobacter. »
Il lui tend une petite pilule, sensée calmer la douleur de sa cheville et l’aider à se remettre du choc. Encore trop traumatisée pour discuter, la jeune femme obtempère. Le médicament fait effet quelques instants plus tard, lui apportant un calme et un soulagement qui lui permettent enfin de s’exprimer.
« Merci, merci infiniment, dit-elle en étreignant son sauveur.
-    Je n’ai fait que mon devoir, mademoiselle.
-    Mais qui êtes-vous exactement ?
-    Qui je suis ? Je ne saurais être plus ravi de vous le dire à nouveau. »
Il effectue un saut périlleux arrière, fait jaillir ses lames et prend une pose héroïque.
« En ces temps troublés, je suis le dernier rempart de l’humanité. »
Il tourne sur lui-même, effectue quelques attaques dans le vide.
« Défenseur des innocents ; charmeur à tout moment. »
Quelques mouvements d’arts martiaux, un nouveau salto.
« Je ne connais pas la peur ; des goules je suis l’exécuteur. »
Il glisse vers la jeune femme éberluée et appuie sur un bouton de sa combinaison. Son casque remonte lentement, révélant des cheveux en bataille surmontant des yeux de véritable séducteur. Un regard de braise qui, selon la légende, peut même faire fondre la dernière des femmes frigides.
« On m’appelle Ghoul-Buster » conclut-il avec un sourire ravageur.
La femme reste interdite un moment, avant de se jeter dans les bras du guerrier.
« Oh, Ghoul-Buster, vous êtes mon héros, gémit-elle en pressant sa poitrine nue contre le torse de celui-ci.
-    Votre super-héros, vous voulez dire.
-    Je me sens toute bizarre. Chaude. C’est le médicament que vous m’avez donné ?
-    Pas du tout. C’est simplement l’effet que je fais aux femmes. Mais aussi brûlante soyez-vous, la nuit est fraîche. Je ne saurais que trop vous conseiller de venir vous blottir sous ma cape. Celle-ci est là pour ça. »


3

 

Sans attendre de réponse, il la soulève comme une plume et la presse contre son corps musclé. Avant de lui donner un baiser fougueux. La femme gémit, se trémousse alors que la langue du Ghoul-Buster caresse la sienne, que sa main gantée s’aventure sur ses seins généreux.
« Vous pourriez me raccompagner dans un endroit sûr ? interroge-t-elle, les joues rougies et le souffle court, une chaleur humide au niveau de l’entrejambe.
-    Cela va de soi. Et je ne vous quitterai pas de la nuit. Après toutes ces émotions, vous semblez avoir besoin de réconfort.
-    Et quel genre de réconfort comptez-vous me donner ? demande-t-elle en laissant courir ses doigts sur le visage du Ghoul-Buster.
-    Mieux vaut ne pas vous le dire. La réalité dépasserait de loin tout ce que je pourrais vous raconter. Mais en voici un petit aperçu. »
Et leurs bouches se rencontrent une nouvelle fois. Un baiser intense, viril, qui laisse la femme dans un état de béatitude et de désir digne d’une geisha. La chaleur au ventre, elle ne peut détacher son regard du visage du héros alors que celui-ci se met à marcher d’un pas assuré, la soutenant fermement dans ses bras puissants.
« J’adore ce boulot » conclue le Ghoul-Buster avant de partir vers d’autres horizons.

 

 

 

 

Dessins réalisés par Tistoulacasa. Grand merci à lui !!

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Tom 15/02/2010 19:12


Enorme ce petit interlude!
Ca m'a bien fait rire!


Tistou Lacasa 28/12/2009 18:37


GB c'est aussi les initiales de Grosse Bite...


RoN 29/12/2009 18:19


Hey, c'est pas un hasard ^^