Chapitre 10 : attente

Publié le par RoN

La journée suivante se passa dans l’attente. De nombreux zombie déambulaient encore dans l’université, interdisant toute sortie, et les militaires se faisaient désirer. Les coups de feu et explosions dans la ville s’entendaient de moins en moins, laissant penser que les troupes progressaient, mais notre groupe d’amis ne voyait toujours pas l’ombre d’un blindé. Et, sans électricité, difficile de savoir ce qui se passait exactement. Plusieurs hélicoptères s’étaient fait entendre dans la matinée, et les jeunes gens avaient désespérément tenté d’attirer leur attention par la fenêtre, sans succès. En fin d’après-midi, ils n’avaient toujours reçu aucun secours, et commençaient sérieusement à en avoir assez de lire des mangas ou de faire des jeux, bloqués dans l’appartement de Jack. Ils auraient presque souhaité qu’une autre goule vienne les harceler à la porte, histoire de s’amuser un peu.
Ce n’est que dans la soirée qu’ils assistèrent à un événement notable, mais qui hélas ne signifiait rien de bon. Ils entendirent les avions avant de les voir. Les trois chasseurs survolèrent l’université à toute vitesse en se dirigeant vers le centre ville, avant que de puissantes explosions ne claquent aux oreilles de nos survivants. Une lueur rougeâtre embrasa le ciel et, à la fenêtre, les jeunes gens purent même sentir la chaleur des bombes. Les rues de la ville étaient envahies de flammes, remplissant les avenues comme un torrent déchaîné. Visiblement, les militaires avaient décidé de passer aux grands moyens, abandonnant les opérations terrestres pour nettoyer la ville au napalm. Par bonheur, l’université était située suffisamment à l’écart pour être épargnée. Mais cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : l’armée avait échoué, et s’était révélée incapable de contrôler l’épidémie.
Les jeunes gens espéraient de tout cœur que cette manœuvre s’avérerait plus efficace, et se résolurent à passer une nouvelle nuit terrés dans l’appartement en attendant les secours. Ils dormirent peu cette nuit là, fébriles malgré les nombreux joints qui avaient tourné durant la journée.
Mais le lendemain, rien n’avait changé. Les zombies titubaient toujours dans le parc, aussi nombreux, si ce n’était plus, et les militaires brillaient par leur absence.
N’y tenant plus, Jack et Allan décidèrent de tenter une sortie. Ils ne comptaient pas aller bien loin. Ils cherchaient avant tout un moyen de s’informer de la situation, de la nourriture, de l’eau et accessoirement du tabac, et avec un peu de chance, cela pouvait se trouver dans l’immeuble. Ils commencèrent logiquement par les logements voisins, s’organisant au mieux pour garantir leur sécurité. Marie et Aya restèrent dans l’appartement, prêtes à leur ouvrir la porte si une retraite précipitée était nécessaire, tandis que les frères Bronson se plaçaient dans la cage d’escalier, chargés de donner l’alerte si des zombies montraient le bout de leur nez.
Jack et Allan, pendant ce temps, procédèrent avec la technique qu’ils avaient mise au point pour tuer la goule sur le pas de leur porte. L’un enfonçait la porte, tandis que l’autre, armé d’un katana, était prêt à attaquer si le logement était occupé par un monstre. Ce qui se produisit deux fois, dont une où les deux camarades eurent vraiment chaud aux fesses.
Alors qu’Allan frappait une porte de l’épaule, celle-ci céda beaucoup trop facilement, le verrou n’étant pas enclenché. Le jeune homme s’étala la tête la première dans l’entrée alors qu’un zombie surgissait devant lui. Heureusement, son camarade ne paniqua pas, et fonça en avant, marchant sans ménagement sur son ami, pour venir empaler la tête du monstre sur son sabre. Le cadavre s’écroula sur Allan, qui le repoussa en hurlant avant de vomir. Plus de peur que de mal, par bonheur.
« Mais comment ça se fait qu’il y en ait dans les appartements ? demanda-t-il une fois ses esprits retrouvés.
-    Je suppose que certains habitants se sont faits mordre, et sont retournés se réfugier chez eux sans savoir ce qui les attendait.
-    Merde, alors si ça se trouve, on est entourés de voisins zombies !
-    On aura qu’à tout nettoyer au fur et à mesure… proposa Jack. Mais pour l’instant, on a une mission. »
Ils furent plus prudents en visitant les deux appartements suivants, qui suffirent pour trouver ce dont ils avaient besoin. Dans le dernier, occupé par ce qui avait été une jeune étudiante sans doute très séduisante mais qui n’était plus qu’un cadavre ambulant, ils mirent la main sur une radio fonctionnant à piles et deux packs de sodas. Avec les boîtes de conserve qu’ils avaient trouvé dans les logement précédents, ils avaient de quoi tenir au moins un jour ou deux.
Il était temps de se replier, car Arvis et Lloyd leurs signalèrent qu’une demi-douzaine de goules étaient en train de gravir les marches. Décidemment, ces monstres avaient une très bonne ouïe. Les jeunes gens emportèrent leur butin dans l’appartement de Jack, mais il y avait maintenant autre chose à faire avant de s’enfermer à nouveau.
« On ne va certainement pas les laisser venir gratter à la porte, dit-il en désignant la cage d’escalier, où les grognements se faisaient plus proches.
-    Mais il y en a trop pour que tu puisses tous les tuer… objecta Marie.
-    Merde, vous pouvez vous salir les mains aussi, non ? J’ai trois katanas, ici, sans compter mon boken. Ces zombies ne sont vraiment pas très à l’aise dans l’escalier, et c’est trop étroit pour qu’ils puissent tous attaquer en même temps. On n’a qu’à les attendre en haut et les dégommer. Si on ne panique pas, on n’aura aucun problème. »
Les étudiants n’étaient pas très enjoués à cette idée, mais l’hypothèse d’avoir six zombies à grogner devant la porte les enchantait encore moins. Les frères Bronson se dévouèrent donc, et se postèrent au sommet des marches, armés des sabres, Jack équipé du dernier et positionné derrière eux en renfort. Maîtrisant leur peur tant bien que mal, Lloyd et Arvis abattirent les deux premières goules avec la technique maintenant classique du coup dans l’œil. Les cadavres génèrent les deux monstres suivants qui tombèrent à quatre pattes, ce qui obligea les frères à les frapper sur la nuque. Les sabres japonais étaient d’une efficacité redoutable, et plongèrent facilement dans le crâne des zombies, les tuant sur le coup. Sans perdre une seconde, Arvis s’occupa du cinquième, mais malheureusement, la lame de Lloyd était resté coincée dans la tête de sa victime précédente, et le jeune homme faillit bien basculer vers la dernière goule en essayant de retirer son arme. Mais Jack était là et le tira en arrière, tandis que le plus jeune des deux frères, faisant preuve d’une vivacité étonnante, enfonçait son katana dans l’œil du dernier zombie sans perdre une seconde. Ca avait été juste, mais ils s’en étaient sortis. Ils dégagèrent tant bien que mal les corps de l’escalier, et se replièrent dans l’appartement sans perdre une minute de plus.

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