Chapitre 7 : informations

Publié le par RoN

Aussi étonnant que cela puisse paraître, dans le monde merveilleux de la télévision, rien ne semblait avoir changé. Economie, attentats et religion étaient, comme d’habitude, les principaux thèmes abordés au journal du midi. Ce n’est qu’en fin d’émission que quelques éléments furent apportés à nos quatre amis.
« En début de matinée aujourd’hui, il semble que des émeutes aient éclaté un peu partout dans le centre ville de Pavilion. Nous ne disposons que de très peu d’informations, les autorités s’abstenant pour le moment de tout commentaire. D’après des témoignages envoyés sur notre site internet, il semblerait que les gens s’attaquent entre eux sans aucune distinction. Certains internautes parlent même de « zombies », ce qui nous amène plutôt à penser à une vaste blague mise en place par des étudiants. Cependant, l’équipe que nous avons envoyée sur place n’a pas donné de nouvelles depuis quelques heures, et il ne faut donc pas exclure la possibilité de violence réelle. Dans le doute, et en attendant de pouvoir obtenir de véritables faits, les forces de l’ordre recommandent aux habitants de rester à l’intérieur des bâtiments, et de ne pas tenter de rejoindre le centre ville. Plus d’informations dans l’édition de ce soir. Et maintenant, la météo…
-    Quoi, c’est tout ? s’exclama Allan. Mais ils sont complètement cons, ou quoi ? Comment peuvent-ils avoir si peu d’infos à propos d’un truc de cette ampleur ?? »
Un grand silence envahit la pièce, uniquement troublé par les quelques hurlements qui résonnaient encore au dehors. Dans les bras de Jack, Aya avait quelque peu repris ses esprits, et le petit joint avait calmé tout le monde.
« Il y a deux explications possible, dit Marie en réfléchissant. Soit ils essaient de cacher tout ça au grand public. Ce qui serait parfaitement stupide, mais avec les abrutis de droite qui nous gouvernent, ce n’est pas impossible. Pour eux, c’est l’image du pays qui compte avant tout. Et des massacres dans ce genre, ça ne fait pas très « civilisé ». Soit les médias disent la vérité, et ils n’ont pas d’informations. Ce qui signifierait que le phénomène vient de débuter.
-    Et que nous sommes en plein dans le foyer de l’infection… compléta Jack en grimaçant.
-    Mais alors il faut se tirer de là vite fait ! dit Allan.
-    Tu veux vraiment tenter ta chance dehors, dans ce chaos ?
-    Merde non, tu as raison. Mais on doit bien pouvoir faire quelque chose ? On ne va pas rester là, à attendre comme des cons ?
-    Je vois mal ce qu’on a comme alternative… Mais c’est vrai, il y a bien quelque chose qu’on peut faire. On peut essayer de prévenir les gens, justement. Si la télé fonctionne, internet marche sûrement aussi.
-    Mais tu as bien entendu ce qu’ils disaient aux infos, objecta Aya. Ils prennent ça pour une vaste blague.
-    Pas étonnant. Mais il faut quand même tenter le coup. J’ai une webcam. Si on filme ce qui se passe en bas, ça devrait quand même les faire réfléchir. »
Jack se dirigea vers son ordinateur, l’alluma et vérifia que celui-ci était toujours connecté.
« Ca marche, constata-t-il. Bon, essayez de diffuser l’information le plus possible. Faites une ou deux vidéos, envoyez là à un maximum de site, et surtout, essayez de donner des détails, de prouver que vous ne racontez pas des blagues.
-    Euh… à t’entendre, on dirait que tu as autre chose de prévu… hasarda Marie.
-    Il va falloir que je sorte.
-    Quoi ? s’exclama Aya. Oh non, putain, tu rigoles ?
-    Je dois aller chercher Béate.
-    Mais t’es complètement taré ou quoi ? lui cria Allan. C’est toi qui m’a dit que sortir était de la folie !
-    Je sais bien. Mais je ne vais pas laisser ma sœur dans ce merdier ! »
Aya se mit à sangloter et l’attrapa par le bras, refusant de le laisser s’éloigner.
« Ecoute, chérie, je n’ai pas le choix, lui expliqua doucement Jack. Je ne vais pas rester ici à attendre alors que ma propre sœur est à quelques centaines de mètres. Tout ce que j’ai à faire, c’est sortir de cet immeuble, traverser la route et aller chez elle, juste en face. Vous pourrez même me voir faire.
-    Mais c’est beaucoup trop dangereux !
-    C’est dangereux, ça oui, mais j’ai toutes mes chances. Ces putains de zombies ne sont pas très rapides. En courant, je devrais pouvoir les distancer. Et en prenant un katana, j’aurais largement de quoi me défendre.
-    Mais qu’est-ce qui te fait croire qu’elle sera à son appart’ ? intervint Allan. Si ça se trouve, elle a été… euh… enfin tu vois ce que je veux dire…
-    Essaie au moins de l’appeler ! » proposa Marie.
Décidemment, la jeune fille était bien la seule à faire des réflexions intelligentes. Mais Jack soupira.
« Cette idiote n’a pas de portable… Mais vous, vous pouvez au moins tenter de joindre votre famille ! Leur dire de se mettre à l’abri, et de ne SURTOUT pas venir par ici. Quand le chaos dehors se sera un peu calmé, on pourra songer à se barrer d’ici pour de bon. Mais pour l’instant, tout ce qu’on peut faire c’est rester dans cet appart’. On est à peu près en sécurité.
-    Et c’est pour ça que tu veux sortir, crétin… » commenta Aya.
Mais elle aussi pensait maintenant à sa famille, et se résolut à laisser partir son ami. Celui-ci, prévoyant de courir plus que de combattre, préféra emporter son boken plutôt qu’un véritable katana, beaucoup plus lourd.
Marie l’accompagna à la porte tandis que les deux autres essayaient de joindre leurs proches.
« Complètement cinglé… grommelait la jeune fille. Merde, ça ne te fait donc pas flipper, tout ça ?
-    Tu rigoles ? Je suis presque en train de me chier dessus. Mais c’est ma sœur, et elle a peut être besoin d’aide… Bon aller, j’y vais. Tu verrouilles derrière moi, mais soyez prêts à m’ouvrir dès que j’arriverai. »
Jack inspira un bon coup, essayant de maîtriser le tremblement de ses genoux, et franchit la porte.

Publié dans Chapitres

Commenter cet article